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this is the road to ruin (kimren)


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this is the road to ruin (kimren)

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MessageSujet: this is the road to ruin (kimren)   Jeu 25 Mai 2017 - 20:53

i don't know where you're going
but do you got room for one more troubled soul?
i don't know where you are going but i'm coming home

alonetogether@falloutboy

« A nurse is going to come by to check your vitals and do a blood draw to make sure everything’s fine. Sounds good? » Tu hoches nonchalamment de la tête. Tu as entendu ce discours des dizaines de fois, si ce n’est pas plus. T’es pire qu’un cobaye sur lequel on fait des tonnes et des tonnes de tests et d’essais médicaux dans l’espoir un jour irradié ce cancer qui te coule dans les veines. Aucune chance pour le moment, aucune chance depuis longtemps même, mais pour une raison ou une autre, tu vis encore. Ou bien tu survis. Ça tourne dans ta tête, le résultat de tes dernières séances de chimio, mais tu n’en dis rien à ton médecin qui t’offre un sourire en attendant ton approbation. T’es pas une personne joviale, tu fais pas généralement dans la bienséance, mais lui, il est un peu l’exception à la règle. Il te suit depuis tellement longtemps que t’as appris à être ‘gentille’, si on veut. Pas que ça change grand-chose à la manière dont il te traite, il a toujours été gentil, lui. « Make sure I get a pretty one this time, will you? » Il échappe un rire, et étonnamment il n’est pas forcé bien que ce soit au moins la dixième fois que tu lui fasses cette demande ridicule. « I’ll do my best. » Mais qu’est-ce qu’il en a à faire que ton infirmière soit jolie ou pas? Pourtant, il essaye vraiment, même si ce n’est pas toujours une réussite. Tu te souviens de la dernière, avec sa coupe carré un peu trop courte et son corps trop frêle, elle n’avait rien de particulièrement attirant à tes yeux. Ton médecin sort de la pièce, te laissant seule pendant un instant alors que tu oses jeter un coup d’oeil dans le miroir devant toi.

Quelle mauvaise idée. Tes yeux sont vitreux, accompagnés d’énorme cernes foncées pour bien te rappeler à quel point la maladie est en train de prendre le dessus sur tout le reste. Tes lèvres sont sèches et ta peau aussi, tes cheveux emmêlés tombant  le long de ton visage. Pas vraiment le meilleur moment pour draguer qui que ce soit et pourtant, tu sais que si l’infirmière est mignonne, tu sauras trouver un moyen de la faire tomber sous ton charme. Personne ne résiste à Kimbaby.

Le porte s’ouvre et puis ton regard croise celui de quelqu’un que tu connais trop bien. Kieren Abberline. Tu soutiens son regard pendant quelques secondes avant de te concentrer soudainement sur tes mains toujours trop froides. Va vraiment falloir que tu penses à préciser à ton médecin que tu veux des filles les prochaines fois. Mais il n’a pas tort toutefois. Tu le sais depuis longtemps, mais le jeune Abberline, il est bien loin d’être proche. « Pretty indeed », que tu murmures amusée, plus pour toi que pour lui. Il y a un moment déjà que tu vous ne vous êtes pas donner des nouvelles. Ici et là par texto, mais vous ne vous êtes pas vus depuis cette fois au bar. Et t’es pas certaine que t’avais vraiment envie de le revoir ici. Ou de le revoir tout simplement. Mais ça, c’est quelque chose que tu débats au quotidien, que tu sois prête à l’admettre ou non.

« Abberline, mon grand ami. Mais quelle surprise. » Tu es ironique et amusée à la fois, un sourire un peu forcé trouvant le chemin de tes lèvres. T’aurais beau vouloir t’enfuir, tu n’as aucune sortie de secours. Tu es prisonnière de ces quatre murs et tu dois attendre qu’il ait fait la prise de sang et qu’il ait noté tes signes vitaux avant de pouvoir partir. Le mieux que tu puisses faire dans la situation, c’est garder le bavardage à un minimum pour pouvoir te sauver plus rapidement. Pas la peine de ressasser ce qui s’est passé au bar ou même avant. T’es tannée de tourner en rond avec le jeune homme, c’est un peu pour cette raison que tu essayes de le garder le plus loin possible de ton quotidien. Parce que votre histoire n’a ni queue ni tête. Et tu ne peux pas te permettre d’avoir des sentiments pour lui. Tu te l’interdis depuis longtemps déjà. « Bonne chance pour trouver une veine potable. » Tes avant-bras sont similaires à ceux d’une junkie, un autre side-effect de la maladie. Tu ne le regardes plus. T’attends qu’il fasse ce qu’il a à faire. Et qu’on en finisse pour que tu puisses enfin oublier l’effet qu’il te fait, encore et toujours.

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    - in a river of tears -
    Love sinks and hope floats In a river of tears


    cry me a river, build myself a bridge i'm over this, can't let memories become the death of me. i'm glad to see everything that you are, and i believe that you are everything i needed, but i don't need no more. i'm going down, and you have watched me drown in a river of tears, lost beneath the stream.
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MessageSujet: Re: this is the road to ruin (kimren)   Lun 5 Juin 2017 - 14:12


“ if your world falls apart
i'd start a riot ”

@startariot / BANNERS

T'as la tête ailleurs Kieren. Où ça ? Toi même tu n'en sais trop rien. Tu divagues, remplissant tes tâches comme un automate, sans pour autant être pleinement dans ce que tu fais. Tu as sans doute bien besoin d'une pause, mais on ne parle pas seulement de dix minutes pour boire un café avec tes collègues non. Plutôt quelques jours, quelques semaines, pourquoi pas à l'autre bout du monde. T'es fatigué Kieren. Plus qu'avant. Les insomnies sont toujours aussi importantes, à cela s'ajoute un doux problème qui n'aurait jamais dû en être un à la base. Kimberley Blackburn. Elle est revenue dans ta vie comme ça, comme une tempête. T'aurais voulu te persuader que tu n'avais plus besoin d'elle, que vous n'étiez que des amis, mais ce qui s'est passé au bar tourne encore et encore dans un coin de ta tête. Tout comme ces conversations par sms par la suite. Et tout le reste, tout le bordel ambiant dans lequel tu n'arrives pas à mettre de l'ordre. Qui est-elle pour toi ? Et toi, tu es qui pour elle ? Que de questions auxquelles tu ne trouves pas de réponses. T'aurais pourtant bien aimé que ce soit plus simple. Mais rien n'est jamais simple, avec toi.

Un des médecins t'interpelle au milieu du grand corridor, te tirant de ta torpeur. Il te colle un dossier entre les mains et te donne la liste des actes à faire auprès de ce patient. Cette patiente. Tu acquiesces et tu files à la chambre en question, feuilletant le dossier sur le chemin. Fuck it. Pendant un moment tu penses à une mauvaise blague, tu soupires, tiraillé par l'idée de refiler le dossier à quelqu'un d'autre. T'es pas sûr de pouvoir l'affronter aujourd'hui, à vrai dire. Mais c'est trop tard, tu es déjà devant sa porte et bien vite, tu te retrouves dans sa chambre. Devant elle. Elle et son air malade. Elle ce sourire qu'elle se donne pour sauver les apparences. Elle et son accueil presque chaleureux. Tu retrouves ton propre sourire, t'approchant d'un meuble pour y laisser le dossier. « Plaisir partagé, tu m'avais presque manqué, Kim. » Un petit clin d'oeil espiègle, tu lui places le brassard à tension avant de lancer la machine. Tu ne prends même pas la peine de lui dire que ça va serrer un peu. Elle en a tellement l'habitude. Ton sourire s'allonge un peu quand elle te parle de ses veines mais tu hausses les épaules. Pas besoin de lui rappeler que toi aussi, t'en as vu d'autres. Que ce soit à l'autre bout du monde en Afghanistan, où ici même, aux urgences, en essayant de ramener un toxicomane à la vie. « T'inquiète j'suis un peu l'expert en la matière. Je vais essayer de faire ça bien, t'auras même des sucreries si tu restes sage. » Comme avec les enfants ouais. C'est dingue ce que la fatigue te fait dire comme conneries.

Tu vas plutôt te désinfecter les mains, enfiler une paire de gants et préparer le matériel. Encore et toujours des gestes automatiques. Mais c'est encore autre chose pour Kim. C'est plus que de l'égard, que tu as pour elle. C'est de l'attention. Peut-être même un peu trop de compassion. Tu rapproches ton tabouret d'elle, attrapant doucement son bras pour glisser du coton dans le creux de son coude. « T'as plutôt bonne mine aujourd'hui. » Que tu tentes avec un sourire. T'es pas drôle, tu le sais bien. Mais la taquiner, c'est tout ce qui te reste pour ne pas être tenté de parler de ce qui s'est passé entre vous dernièrement. Tu places le garrot autour de son bras, toujours trop délicatement, comme si tu avais peur de la briser. Les veines gonflent un peu mais sa peau est déjà tant abîmée par les aiguilles par ici. Tes doigts glissent sur l'intérieur de son bras, cherchent une bonne zone. « Qu'est-ce que tu racontes alors, depuis la dernière fois ? » Depuis le bar tu sais ? Depuis que je me suis perdu dans tes bras en toute indécence, comme un prince pas si charmant que ça. Tu essayes de la distraire un peu alors que tu plonges l'aiguille dans la veine et que le sang commence à perler au fond du tube. C'était pas si compliqué que ça, finalement.

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    — i'll burn it down, and build it up better. sometimes it hurts to forget the past. and i'm tired of waiting for something to happen with you, and i'm trying to save it, but deep down there's nowhere to move.
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MessageSujet: Re: this is the road to ruin (kimren)   Lun 5 Juin 2017 - 22:31

i'm going down, and you have watched me drown
in a river of tears, lost beneath the stream
under the waves, i've found the strength to say
the river of tears has washed me clean
go 'head and wish me well i'll cry a wishing well
i'll fly before i fail i'll set sail and drift away
so i won't need you here

riveroftears@alessiacara

Depuis quelques temps, t’as l’impression que tes jours sont comptés. Tu as toujours su qu’il y avait une date d’expiration sur ta vie, mais t’as l’impression qu’elle est proche désormais, et même si tu as toujours dit que ça ne te faisait absolument rien, l’idée de mourir, eh bien t’es tétanisée. Complètement terrorisée à l’idée de quitter cette terre sans avoir fait au moins une chose de bien, sans avoir laisser la moindre trace de ton passage dans ce monde pourri. Chaque rendez-vous à l’hôpital te semble être un moment perdu. Un moment de ta vie que tu ne retrouveras pas. Et ils s’enchaînent dernièrement, les rendez-vous. Les check-ups régulier qui mèneront jusqu’à la grande opération. Le moment où tu survivras ou bien tu y passeras. Les médecins ne savent pas encore exactement lorsqu’ils veulent opérer, mais tu sais que ça approche. Ton état détériore et les semaines sont comptés avant que tu ne passes sous le scalpel une fois de plus. Mais tu l’as bien dit à ton médecin. C’est la dernière fois. La dernière fois qu’on tente de te sauver, après tu abandonnes. Si tu meurs sur la table, so be it. S’il n’y a plus rien à faire après ça et que l’opération ne donne rien, tu arrêtes tous les traitements. Tu préfères encore te laisser mourir plutôt que de vivre aussi mal encore longtemps. C’est trop douloureux pour le corps et pour la tête. Et tu ne peux plus vivre comme ça, tu ne veux plus.

Mais comment tu es censée dire tout ça au jeune homme qui vient de rentrer dans le bureau? Celui qui se met à faire les dernières demandes de ton médecin avant que tu ne puisses te sauver. Comment tu es censée lui dire que t’abandonnes la partie, pour de bon cette fois? T’as jamais été un rayon de soleil Kim, mais putain, t’as jamais été aussi bas de toute ta sainte vie. Toi qui criait haut et fort que t’acceptais la main de merde que la vie t’avait servi, plus tu approchais de ta fin, plus tu te prouvais qu’au fond non, t’acceptais pas du tout le bordel qui se déroule sous tes yeux. Tu tentes un sourire lorsqu’il t’avoue s’être presque ennuyé de toi, parce que tu le connais assez bien pour savoir que les semaines qui se sont écoulés dans le silence ont fait en sorte qu’il s’ennuie de toi, autant que tu t’es ennuyée de lui, même si tu ne lui feras jamais le plaisir de l’admettre ouvertement. T’as peut-être bien plus de qualité de vie, t’es peut-être plus vulnérable que jamais présentement, mais t’as encore ta putain de fierté. Celle qui t’empêche de lui avouer à quel point t’aurais besoin de lui en ce moment. Mais tu ne peux pas lui faire ça. Tu ne peux pas le faire rentrer dans ta vie à nouveau alors que t’es une bombe sur le point d’exploser. Ce serait pas fair. Ni pour lui, ni pour toi. « Pas de sucreries. Apparemment que ça donne le cancer. » Tu ries. Mais c’est fake, terriblement fake. T’as même plus de mots pour prétendre être celle qu’il a connu, il y a pas si longtemps de ça. Celle qui se fout de tout. Celle qui tourne tout à la blague. Celle qui vit, quitte à mourir.

« J’vais mourir Kieren. » Tu lâches ça, tout bonnement. Sans préavis, sans avertissement, comme un band-aid qu’on arrache d’un coup sec pour ne pas souffrir trop longtemps. Tu n’oses pas le regarder directement alors qu’il est en train de prélever ton sang. C’est à peine si tu as senti l’aiguille transpercer ta peau pour se loger dans une de tes veines. Tu lèves à peine les yeux et tu réalises qu’ils sont pleins d’eau. Fuck, ça y est. T’es à deux doigts de te mettre à pleurnicher devant Abberline, et ça, tu le supportes pas. Tu sens les larmes qui coulent sur tes joues, tu tentes de les essuyer au fur et à mesure, mais il y en a toujours plus et tu te détestes pour chaque larme qui s’enfuit sans ta permission. « Look at me, crying like a fucking baby. » Tu échappes un rire amer, prisonnière de la situation. Tu ne peux aller nul part, l’aiguille dans le bras. Et clairement, t’es pas en contrôle, incapable de reprendre possession de tes moyens. Alors tu cesses de te battre contre les larmes qui coulent, tu sens tes lèvres qui tremblent alors que tu retiens un sanglot. Il y a tout de même des limites à cette putain d’humiliation. « J’vais m’faire opérer. Et les chances que ça me sauvent, bah c’est pratiquement comme de jouer à la loterie. » Imprévisible et minimes comme chances, mais il n’y a plus vraiment d’autres options, tu le sais trop bien pour te l’être fait dire par différents spécialistes. « J’vais peut-être y passer. Et peut-être pas, mais ils savent pas si ça va changer quelque chose. » Les larmes coulent toujours sur tes joues. Putain, elle peut pas être enfin finie cette prise de sang pour que tu puisses enfin prendre tes jambes à ton cou? « Si j’survis mais que j’vais pas mieux.. j’arrête les traitements Kier. That’s what’s up. » Tes joues sont trempes, mais tu as arrêter de pleurer. Ton regard croise celui du jeune Abberline, et tu le défies du regard pendant quelques secondes, impatiente mais effrayée de savoir ce qu’il va bien pouvoir répondre à ça. What the fuck did I just do?

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MessageSujet: Re: this is the road to ruin (kimren)   Lun 5 Juin 2017 - 23:30


“ but if you love me don't let go,
hold on to me, cause i'm a little unsteady ”

@unsteady / xambassadors ft. erich lee

Ton truc, ça a toujours été les urgences. Les séjours courts, les patients qui vont mais qui ne restent pas longtemps. Pour l'adrénaline, pour un millier d'autres raisons. Et une bien précise que la présence de Kimberley suffit à te rappeler. T'as jamais supporté bien longtemps de travailler en soins palliatifs ou dans le secteur de cancérologie. Pourquoi ? Parce que ça te terrorise. Parce que ça te pétrifie, bien plus que la vision d'un membre arraché. Ça te travaille pas tant sur l'instant, plus sur la durée. Ça te torture de ne rien pouvoir faire de plus que de pousser des médicaments dans des perfusions, en espérant pour le meilleur, attendant le pire. Tu ne supportes pas de t'attacher aux gens pour les voir mourir, petit peu par petit peu, jusqu'à s'éteindre pour de bon, sans avoir pu faire quoi que ce soit pour éviter ça. Peut-être parce que t'as peur de finir comme ça, toi aussi. Peut-être parce que ça te balance votre propre vulnérabilité à la face. Vous allez tous mourir. Mais certains, comme Kim, vont franchir la ligne plus tôt que d'autre. Ça non plus, tu essayes de ne pas trop y penser quand tu débarques dans sa chambre pour une prise de sang et le check-up habituel. Ça ne t'empêche pas de penser qu'il faudrait vraiment que tu tournes avec un autre infirmier pour qu'on vienne s'occuper d'elle à ta place. Tu ne sais pas si tu vas pouvoir supporter ça plus longtemps. D'être si proche et de devoir continuer à faire semblant. À dire que tout va bien, que tout ira bien, à lui mentir alors qu'elle connaît parfaitement la vérité.

Tu t'efforces de rire, pour le temps que les plaisanteries durent. C'est tout ce qui vous reste de toute façon, pas vrai ? Tu t'appliques sur son bras, la conversation prend un tout autre tournant. Elle te lâche ça comme ça. Comme une foutue bombe qui te tombe sur le coin de la gueule – et sur l'instant, tu te dis que marcher sur une mine aurait peut-être été moins douloureux. T'essayes pourtant de garder la face, tu hausses un peu les épaules. Putain, regarde-toi Keiren, à jouer les grands mecs intouchables qui ne craignent ni la vie, ni la mort. T'es terrorisé et ton jeu d'acteur fait pitié. « Ouais bah spoiler alert : on crève tous à la fin. » Que tu réponds, un peu plus sèchement que ce que tu voudrais. Tu n'oses même plus la regarder dans les yeux, parce que t'as peur de ce qu'elle va dire, de ce qu'elle pourrait dire. Tu regardes juste le sang perler dans le tube que tu viens de changer alors qu'elle se remet à parler. Don't look at her. Just don't. Mais c'est pas si simple, pas vrai ? C'est pas si simple quand ses propos gagnent en intensité. Quand elle te parle d'opération et de loterie. T'as le malheur de poser le regard sur elle, sur l'ovale de son visage, sur ses yeux fatigués et les larmes qui noient ses joues. T'es foutu, incapable de détourner tes iris de son beau visage désormais. Pris au piège par ses larmes, par sa faiblesse. Tu te mords la langue entre tes dents serrées. « Dis-pas ç.. » Tu n'as même pas le temps d'en placer une qu'elle enchaîne. Qu'elle te martèle ses idées noires, comme une litanie que tu ne peux qu'accepter. Mais tu veux pas bordel. Tu veux pas.

Tu l'écoutes encore, encore, encore. Mais le sang, il commence à bouillir dans tes veines. T'es un peu moins délicat quand tu changes une dernière fois de tube pour la prise de sang, que tu lâches l'autre sans ménagement sur la paillasse. « No fucking way. » Tu visses un regard d'acier sur elle, la colère au fond des prunelles, cette même colère qui enveloppe ton cœur. « Ça y est, ça devient difficile alors tu abandonnes ? » T'es bien culotté de dire des choses comme ça Kier. C'est pas comme si tu pouvais te mettre à sa place, un seul instant. Toi aussi t'es malade, mais pas de la même manière. Toi, on pourra peut-être te soigner un jour. Toi, tu peux vivre avec ce que tu as, faire semblant du moins. Pas elle. « T'as pas le droit de faire ça. Pas comme ça. Tu peux pas lâcher aussi facilement putain ! » T'es vulgaire, tu parles fort, mal, beaucoup trop mal à quelqu'un qui est normalement ta patiente ; quelqu'un à qui tu dois le plus plat respect. Mais tu n'y arrives pas. Tu ne peux pas accepter ça, accepter qu'elle arrête de se battre. Cette simple idée te révulse. Et pourtant Kier, si tu étais à sa place, qu'est-ce que tu ferais ? Tu n'en sais trop rien. Peut-être que toi aussi, tu finirais par te laisser porter par les événements. Tu te récupères le dernier tube avant de retirer l'aiguille et de lui coller un pansement à l'intérieur du bras. « T'as que vingt-sept ans Kim. T'as pas encore tout vu. T'as. T'as pas tout fait, tout ce que tu voulais faire, tout... » Tu te perds dans tes mots, mais la colère n'est plus, laissant place au désespoir, quelque chose qui te tire encore plus vers le bas. Tu regardes ailleurs parce que t'as les yeux trop humides, parce que tu veux pas lui montrer que tu es terriblement faible, toi aussi. « Tu vas survivre à ça. À l'opération. Et ça va fonctionner et la vie va redevenir normale. Tu vas le faire, Kim. » T'as tellement envie d'y croire. T'en as tellement besoin.

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MessageSujet: Re: this is the road to ruin (kimren)   Mar 6 Juin 2017 - 5:05

i'm going down, and you have watched me drown
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riveroftears@alessiacara

Tu ne sais pas ce à quoi tu t’attendais à t’effondrant ainsi devant le jeune homme. Un silence inconfortable, peut-être un peu de pitié, des mots rassurants ou une shit dans ce genre là. Mais jamais au grand jamais tu n’aurais pu imaginer une telle réaction venant du jeune Abberline. D’abord cette réplique lancée sur ton sec, et puis tout le reste. T’as l’impression de ne pas connaître le jeune homme devant toi qui évite ton regard d’abord, et puis qui tu fusilles du regard. Tu ressens trop bien la colère qui habite désormais Kieren, mais tu n’es pas en mesure de la gérer, tu ne peux tout simplement pas te laisser atteindre par ses mots qui te poignardent à chaque fois qu’il ouvre la bouche, pratiquement inconscient de ce qu’il insinue. Parce qu’il savait, tu ne crois pas qu’il pourrait se permettre de tel jugement. S’il savait le mal qui t’habite depuis des mois, des années maintenant, que ce putain de cancer te pourrit la vie, que cette maladie t’offre des aller non-désirés à l’hôpital des semaines durant, t’arrachant à chaque fois un peu plus de ta volonté de vivre. Toi qui avait crier haut et fort si longtemps que tu t’en foutais, de cette vie pourrie, maintenant que tu étais sur le point de la perdre vraiment, ça te déchirait de l’intérieur. Ne voyait-il pas dans tes yeux que tu n’en pouvais tout simplement plus, de ce temps racheté, pas vraiment à toi, que tu gaspilles sans y réfléchir à faire absolument tout sauf ce qui te tente vraiment? Ne comprend-t-il pas qu’il sera éternellement ton plus grand regret?

« Mais pour qui tu te prends Kieren Abberline? Pour Dieu peut-être? T’as absolument AUCUNE IDÉE de ce que c’est que de vivre avec le cancer. Pas la moindre idée. » Tu retiens les sanglots alors que tu lui craches ses mots au visage. Ses mouvements son de plus en plus brusque lorsqu’il change les tubes qui se remplissent de ton sang, tu peux sentir l’aiguille bouger légèrement dans ton bras, t’arrachant une grimace de douleur. Une douleur pourtant bien mince comparativement à tout ce qui est en train de se passer, tout ce qui est en train de se dire. « Tu crois que j’abandonne? C’est vraiment ce que tu penses de moi? » C’est comme une claque en plein visage. Un rappel constant que tu n’es pas assez forte, que tu ne l’as jamais vraiment été malgré l’air que tu te donnais, et venant de lui, ça pince encore plus. Tu essuies constamment tes joues de ta main libre, mais elles continuent de couler, comme une putain de fontaine sur laquelle tu n’as plus aucun contrôle et tu réalises que c’est bien la première fois que tu es aussi vraie devant le jeune homme. Et comme tu l’avais toujours pensé, l’image ne lui plaît pas. Il te remerciera un jour, de l’avoir préserver comme tu l’as fait. De l’avoir garder à un bras de distance autant que possible. Il te dira peut-être pas merci aujourd’hui, mais ça viendra. Tu le sais au fond de toi. C’est ce qui t’emmène à crier un peu plus fort, pour lui faire comprendre ton mal-être, le faire fuir pour de bon lui qui s’entête à s’accrocher à une cause clairement perdue. « Regarde-moi un peu Kieren! Tu crois que j’ai la qualité de vie d’une gamine de vingt-sept ans? Putain, j’passe une semaine par mois ici, j’ai le corps aussi frêle qu’une femme de 90 ans! Tu crois que j’ai envie de vivre comme ça encore longtemps? MAIS T’ES CON OU QUOI? » Il enlève l’aiguille de ton bras, te fout un pansement, et tu ramènes ton bras contre ta poitrine, pliant ainsi ton coude pour faire en sorte que la veine cesse de saigner, comme on t’a dit de faire des centaines et des centaines de fois. Tu te lèves soudainement, ton visage trop proche de celui du jeune homme. T’as pas besoin de son espoir à la con, de ces mots qui sont censés être réconfortant, parce que franchement, il te donne plus envie d’être malade qu’autre chose à ce stade.

Tes yeux ne quittent pas les siens alors que tu sais que tu devrais partir sans dire autre chose. Tu devrais filer pendant que tu le peux, avant de tomber encore plus bas, de vous faire encore plus mal. Mais t’es incapable de faire un pas, incapable de te distancer, incapable de te rapprocher. Tes pensées tournent si vite dans ta tête, ça te donne un sacré mal de tête, ou peut-être que c’est la crise de larmes que tu viens de te taper comme une conne, t’en sais trop rien. Tu passes une main dans tes cheveux, échappe un long soupir. « J’en veux plus de cette vie Kier, de cette fausse de liberté. Tu veux que j’fasse quoi si j’survis, dis-moi? » Tes yeux se remplissent d’eau à nouveau, tu détournes le regard quelques secondes pour ne pas céder une fois de plus. « J’peux plus travailler. J’peux même pas voyager parce que tout mon argent passe dans mes putains de traitement médicaux. J’suis toute seule ici. Pas de famille qui va me pleurer. » Tu te mordilles la lèvre à la mention de ta famille, ça fait tellement longtemps que tu ne t’es pas permise de penser à eux, à ton grand frère qui t’a longuement cherché, à tes parents qui t’ont sûrement pleurer quand tu es disparue il y a quelques années déjà. « J’en ai marre de me battre dans le vide Kier’, surtout pour cette vie pourrie. Tu peux dire que ça fait de moi une lâche, j’m’en fiche. » Parce que t’as aucune idée comment j’ai mal Abberline. Mal dans cette peau, mal dans ma tête, mal dans mon coeur. Trop fatiguée de me ficher de tout et de tout le monde, de taire la moindre émotion qui peut m’habiter. J’peux plus me battre Kieren, ne vois-tu pas que j’suis épuisée?

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MessageSujet: Re: this is the road to ruin (kimren)   Mar 6 Juin 2017 - 16:48


“ but we're gonna start by drinking old cheap bottles of wine,
sit talking up all night, doing things we haven't for a while ”

@forthefirsttime / the script

Tu as le cœur qui se serre et les sentiments qui te retournent les tripes. Parce que tu ne veux pas comprendre ce qui se passe, tu ne veux pas entendre ce qu'elle te dit, tu ne peux pas l'accepter. Pas aussi simplement. Mais il y a bien des choses qui prennent tout leur sens soudainement. Pourquoi est-ce qu'elle t'a toujours repoussé comme ça. Pourquoi est-ce qu'elle a toujours prétendu, avec tout le monde. Pourquoi est-ce qu'elle fait la fille qui n'en a rien à faire de personne, alors qu'au final, c'est tellement plus compliqué que ça. Elle avait peur de te faire du mal ? Bah c'est quand même réussi, parce que là, tu crèves doucement de l'intérieur, de l'entendre dire de telles choses. Tu pensais pas que ce serait aussi compliqué. Tu pensais être blindé face à ces choses là. Tu pensais en avoir vu d'autres. Mais Kimberley, c'est pas « d'autres ». Kim, c'est cette fille bien particulière, qui t'arrache plus de sourires que de raison, même au plus profond de son sarcasme. Kim, c'est cette fille à qui tu peux envoyer un message à trois heures du matin pour parler de tout et surtout de rien, et il ne crisera pas, elle ne t'insultera pas pour autant – jamais méchamment du moins. Kim, c'est cette fille que tu trouves tellement plus forte que toi, que bien des gars que tu as soigné sur les lignes ennemies, Kim quand tu as appris qu'elle était malade, tu n'as pas eu de pitié, tu ne l'as pas vu comme une fille faible ou trop vulnérable. Tu l'as vue comme une battante. Alors oui, apprendre qu'elle va abandonner si ça ne marche pas, ça te déglingue de l'intérieur. C'est pour ça que tu portes un jugement. Pour ça que tu gueules, que tu lui montres toute ta colère. Sans doute qu'elle ne le mérite pas, sans doute que c'est égoïste de ta part. Mais tu ne peux pas juste hocher la tête et laisser faire, pas cette fois.

Elle hausse le ton elle aussi et ses larmes, elles dévalent jusqu'au fond de ton âme. Elle est en colère elle aussi et tu mérites tout ce qu'elle te balance à la face. Tu mérites ses mots, sa rage et tant pis si ça fait mal, au moins t'as la preuve qu'elle est toujours en vie. Qu'elle est toujours un peu là, quelque part, la Kim que tu as toujours connu. Tu avales difficilement ta salive, tu te sens con sur ton tabouret à la regarder. Elle a l'air épuisée, oui. Elle a l'air malade, certes. Mais tu ne peux pas juste passer à autre chose, pas aussi facilement. Tu l'écoutes toujours, plaçant le pansement au creux de son bras. La situation s'apaise, tu ancres ton regard au sien. T'as mal Kieren, t'as tellement mal. Mal de savoir que tu vas la perdre, mal de te battre tout seul une fois de plus contre le monde. Tes sourcils s'anglent une drôle de manière, ton sourire est un peu à l'envers. Tu te bats pour pas lui laisser voir ta souffrance, ta faiblesse. Pas lui laisser comprendre qu'une partie de toi va crever avec elle. « J'suis désolé. » Désolé d'avoir parlé si fort. Désolé d'avoir laissé mon cœur s'exprimer comme ça. Désolé de rien pouvoir faire de plus, Kim. Ta voix est faiblarde, tu retires tes gants et tu passes rapidement la paume d'une de tes mains contre ton œil gauche que tu trouvais un peu trop humide. Tu griffonnes des trucs sur son dossier de ton écriture maladroite. « J'voulais pas te dire ça comme ça. Ou te juger ou. J'sais pas, je suis désolé, je crois que j'peux pas m'y faire c'est tout. » Tu passes une main dans tes cheveux en bataille, lâchant le dossier sur la paillasse alors que tu contournes la blonde pour enlever le brassard à son bras.

Tu sais pas trop pourquoi mais tu t'assois au bord de son lit. T'es pas censé faire ça. Tu devrais même plutôt prendre les papiers et te barrer tant que tu le peux encore. Aller jeter ça à l'administration, aller te changer aux vestiaires et te barrer d'ici, puisque tu as fini ta garde depuis trois minutes déjà. Mais t'es là, au bord de son lit, le regard dans le vide, à penser trop fort. Tu jettes un coup d'oeil par la fenêtre avant de replonger le regard dans le sien. Bordel tu peux pas pleurer Kier, t'es plus fort que ça. T'attrapes une de ses mains et tu prends une grande inspiration. T'as aucune idée de ce que tu es en train de faire. Si c'est bien ou pas. T'es tellement fucked up, regarde toi. « Tu crois vraiment que j'vais te laisser t'en tirer comme ça ? » Tu t'efforces de retrouver un semblant de sourire pour sauver les apparences. Tu veux pas laisser la mort gagner, pas cette fois. « Tu veux aller voir l'Europe ? On part demain. » Tu hausses un peu les épaules, pris dans ce tourbillon un peu fou soudainement. Cette envie pressante de lâcher prise. Tu prends conscience que t'as qu'une vie et qu'elle se joue maintenant. Qu'elle fait mal, cette chienne de vie, mais que tu ne la lâcherais pour rien, jamais. « Et tu vas aller voir ta famille, que ça te plaise ou pas. » Elle ne peut pas leur faire ça, c'est injuste, un peu inhumain. Tu veux pas qu'elle ait de regrets. « Parce que c'est normal qu'on te pleure. On te pleurera tous, que ça te plaise ou pas Kim. De toute façon, si c'est pas toi qui leur dis, ce sera moi. On sait tous les deux que je suis un sacré connard et que j'en suis capable. » Tu croises les bras contre ton torse, la regardant. Elle a sans doute envie de te tuer. Tant mieux, ça lui passe peut-être un peu l'envie de mourir. « Fais une liste Kimberley Blackburn, j'compte pas te laisser un jour de répit. » Une liste de choses à faire avant de mourir. Tu t'en fous que ça paraisse cheesy ou dieu sait quoi. T'as envie de faire ça pour elle. De lui montrer à quel point votre monde est beau, une dernière fois. Parce que c'est là que commence le premier jour du reste de sa vie.

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MessageSujet: Re: this is the road to ruin (kimren)   Mar 6 Juin 2017 - 18:41

i'm going down, and you have watched me drown
in a river of tears, lost beneath the stream
under the waves, i've found the strength to say
the river of tears has washed me clean
go 'head and wish me well i'll cry a wishing well
i'll fly before i fail i'll set sail and drift away
so i won't need you here

riveroftears@alessiacara

La tension est palpable entre vous deux, comme elle l’est souvent, mais il y a quelque chose de différent cette fois. Une vérité complètement avouée alors que normalement, tu préfères te cacher derrière des airs de « je me fous de tout. » Chacune des phrases que vous vous lancez est comme une claque dans le visage de l’autre, mais y’a plus rien pour vous arrêter maintenant que la machine est partie. De toute façon, pourquoi tu ferais semblant plus longtemps Kim? T’as abandonné la partie, du moins, c’est ce que semble croire le jeune Abberline devant toi. Tu le sais qu’il a un peu raison dans le fond, que tu te bats pas aussi fort que tu pourrais, mais t’as plus d’énergie, plus l’envie de devoir passer à travers chaque jour en te demandant si ce n’est pas enfin le jour où tu vas toucher le fond. Tu vois son visage qui s’adoucit légèrement alors que tes mots font leur chemin jusque dans sa tête. Peut-être qu’il te comprend un peu mieux, peut-être que ça lui fait peur même, de connaître cette partie de toi que tu gardais enfouie au fond de toi. Ça te fait peur à toi, d’être aussi vulnérable devant lui. T’as l’impression que tu viens de détruire tout ce que tu essayais de faire depuis des mois avec le jeune homme. Le garder loin de toi, pour ne pas lui faire du mal. Pour ne pas l’entraîner dans ta chute. Et là putain, il est en première loge. T’as peur qu’il regrette, t’as peur qu’il ait encore plus mal. Parce que Kieren Abberline, il restera éternellement le mec qui a failli tout changer. Celui qui a failli te faire tomber amoureuse, celui qui a failli te faire baisser les armes une fois pour toute. T’es passée proche si souvent, de te laisser aller à ce tourbillon d’émotions qu’il te faisait ressentir, mais t’as jamais osé. Pour éviter une scène comme aujourd’hui plus particulièrement. Mais si tout a déjà chié, pourquoi tu te retiens encore Kimberley? T’en sais trop rien. Peut-être par habitude. Par peur d’avoir réellement mal toi aussi.

Tu échappes un long soupir lorsqu’il s’excuse, tu peux sentir la pression qui redescend entre vous deux, mais ça n’arrête pas les larmes qui coulent encore silencieusement sur tes joues. Ses mouvements se font plus lents, plus passifs alors que tu le vois écrire dans ton dossier et le déposer sur le bureau, alors qu’il t’enlève le brassard de pression pour ensuite venir s’asseoir à côté de toi sur le lit. Tu ne sais pas pourquoi il le fait, tu voudrais lui crier de se pousser, de partir bien loin avant que tu ne l’infectes encore plus avec ton existence maudit, mais tu n’en fais rien. Vos regards se croisent à nouveau et tu peux voir ses yeux qui sont pleins d’eau lui aussi, et tu te sens mal d’être la cause du mal-être qui se lit sur tout le visage du jeune Abberline. Sauve-toi Kieren. Reste pas là. Je te l’ai dit, j’vais exploser bientôt. Et si tu restes là, y’a trop de chances que je m’accroche à toi là. C’est dangereux. Tu mérites pas ça. Tu mérites tellement mieux. Sauve-toi Kier avant qu’il ne soit trop tard. Mais il te surprend une fois de plus alors qu’il attrape ta main, son regard toujours plongé dans le tien. Et puis il commence à dire toutes ses choses qu’il ne devrait pas dire et tu hoches de la tête alors que tu te retiens pour ne pas défaire le lien de sa main dans la tienne. « Arrête tes conneries Kieren, t’es pas drôle. » T’essayes de le prendre à la blague parce que tu ne veux pas t’imaginer un monde où il est vraiment en train de te proposer de partir pour l’Europe là maintenant. Tu serais tentée de dire oui. De partir avec lui. De découvrir le monde, comme tu as toujours rêver de le faire quand tu pensais qu’il te restait encore du temps. But you’re out of time now Kim. No need to pretend otherwise. « Tu peux pas partir comme ça. Moi non plus. J’pas certaine qu’on me laisserait voler dans mon état anyway. » Tu le tournes à la blague, parce que ça ne peut être une réalité. Tu ne veux pas que ce le soit. Ce serait trop dur de dire non. Trop dur de prétendre que tu n’en meurs pas d’envie.

Et puis tu parles de ta famille et tu le regrettes aussitôt. Parce que Kieren, c’est pas le genre à lâcher prise, tu le sais trop bien. Et il est plus que sérieux quand il te dit que tu dois aller les voir, que si tu ne leur dis pas pour ta maladie, c’est lui qui le fera. « Tu peux pas faire ça Kieren. » Tu es soudainement suppliante. Parce que l’idée de devoir de nouveau faire face à ton frère, à tes parents, ça te terrifie. Ça t’arrache le coeur d’imaginer leurs airs abasourdis. T’as pas envie d’y retourner pour les quitter de nouveau, pour de bon. « Tu comprends pas. Ça fait deux ans que je suis partie. Deux ans sans nouvelle, silence complet. J’peux pas y retourner simplement pour leur dire que j’vais mourir. J’peux pas faire ça. » Ta main serre la sienne de plus en plus fort, ton regard toujours plongé dans le sien. Puis le contact se défait alors qu’il croise ses bras et t’as soudainement envie de crier. De lui crier qu’il n’est pas en contrôle de ta vie, qu’il n’a pas le droit de faire ça. Mais tu ne cries pas, t’as plus la force de te battre constamment contre lui. Et puis il t’étonne à nouveau, passant de la colère à la tristesse jusqu’à cette envie d’être avec toi jusqu’à la fin. N’a-t-il pas encore compris que t’es toxique pour lui? « Y’aura pas de liste Abberline. Tu peux pas mettre ta vie sur pause pour moi. J’te laisserais pas faire. » Tu te lèves, prête à partir. Faut que tu partes. Faut pas que tu lui laisses la chance de te convaincre. C’est un jeu trop dangereux et t’as plus envie de jouer. « J’sais pas pourquoi tu veux faire tout ça Kier, mais ça vaut pas la peine. Ma décision est prise. » Me retiens pas. J’pourrais flancher. J’pourrais te dire oui et plus jamais te laisser.

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MessageSujet: Re: this is the road to ruin (kimren)   Jeu 22 Juin 2017 - 22:50


“ but you can leave if you really want to
and you can run if you feel you have to
and i'll be fine if you ever ask me
i know its hard, but no one said its easy ”

@gravity / EDEN

T'as pas envie d'y croire. Pas envie d'imaginer que ça y est, elle a pris sa décision : elle va laisser sa vie entre les mains d'un destin totalement incertain. D'une opération qui va peut-être rater, d'un traitement qui pourrait aussi bien la tuer que la sauver. T'en reviens pas qu'elle décide de tout lâcher comme ça, pire encore, tu n'arrives pas à l'accepter. Parce que Kim, tu ne la vois pas comme ça. Kim, tu l'as toujours vue comme une grande gueule, une fille qui n'a jamais eu peur de rien. Tellement plus forte que toi, que tout le monde réuni. Kim, tu l'aurais suivi à l'autre bout de l'enfer si elle te l'avait demandé, parce que Kim, tu lui fais un peu trop confiance. Alors là, quand elle te dit ça, quand elle te lâche cette bombe sur le coin de la tronche, t'en reviens pas. Bien sûr que tu as envie de crier, et de la secouer, et de lui faire mal pour qu'elle se sente vivante. Tu lui dis qu'elle n'a pas le droit, tu lui dis qu'elle est lâche, tu lui craches des mots affreux sans même considérer sa souffrance. Qui es-tu Kieren pour dire de telles choses ? Pour les penser, même ? Tu ne vis pas ce qu'elle vit. Pas un tiers, pas un quart, même pas un dixième. Alors qui es-tu, Kieren Abberline, pour lui cracher tes vérités ainsi, pour jouer l'égoïste et lui demander de rester, tout ça parce que tu es terrorisé à l'idée qu'elle parte, elle aussi. Cette décision, elle ricoche douloureusement contre ton âme, elle te fait mal, dans chaque fibre, chaque morceau de ton être que tu donnerais pour elle, pour qu'elle aille un peu mieux. Mais ça non plus, elle ne voudrait pas l'entendre, pas le comprendre. Vous êtes bornés, l'un comme l'autre, affreusement têtus. Elle ne lâchera pas sa position et toi non plus.

Tu lui balances tes plans fous, tes idées merveilleuses. Partir à l'autre bout du monde, vous réinventer, devenir d'autres, le temps d'une vie. Si elle veut laisser tomber, alors tu vas faire en sorte que chaque jour compte. Chaque heure, jusqu'au bout. Partir en europe ? Se faire tatouer une fucking licorne sur la fesse ? Aller titiller les momies en Egypte ? Putain, tu ferais n'importe quoi pour elle, pour qu'elle profite du monde avant de le quitter. Tu rendrais chaque jour un peu plus extraordinaire, tu jetterais ton argent dans les fontaines et tu prierais tous les dieux, pour qu'elle aille un peu mieux. Mais peut-être que tout ça, c'est plus toi qui en as besoin. Pour faire ton deuil, pour te préparer au pire, à tout ce qui te terrorise. Elle se cherche des excuses et ça te surprend à peine. Elle en rit encore, alors que toi tu secoues la tête, que tu ravales tes larmes et toute ta colère. « Toujours aussi drôle. » Que tu lâches, un peu amer. Tu en viens à parler de sa famille et ça, ça la fait réagir. Elle s'explique et c'est encore pire que ce que tu pensais, quand tu comprends qu'elle a quitté sa famille exprès. Tu peux pas la laisser partir comme ça, pas maintenant que tu sais ça. Ils ont le droit de savoir, de la voir, de comprendre et pour le coup, c'est elle l'égoïste. Ça te retourne les tripes, l'idée qu'elle se retrouve toute seule à la fin, même si c'est ce qu'elle désire apparemment. Elle refuse, une fois de plus. Elle repousse tes idées, tes rêves pour elle. Tout ce que tu sacrifierais pour ses beaux yeux et un dernier sourire. Elle se lève et tu restes planté là, un peu stupide, à ravaler le sanglot qui noue ta gorge dans un nœud impossible.

« J'crois qu'on s'est pas bien compris, Kimberley Blackburn. »
Tu croises les bras finalement, tu la regardes avec tes yeux sévères, un sourire presque inexistant. « Je te laisse pas vraiment le choix en fait. » Ce que tu peux être égoïste, Kier. Mais c'est pour la bonne cause, pas vrai ? Tout ça, c'est pour elle, n'est-ce pas ? C'est ce que tu te dis pour te rassurer. C'est ton attention première, en tout cas. Tu ranges un peu la paillasse, tu fermes son dossier et tu refais le lit rapidement, tout en t'exprimant. « Parce moi aussi, ma fucking décision est prise. Et tu sais ? Le seul moyen de me tenir loin de toi, ce sera de remplir une ordonnance restrictive. » T'as bien conscience que tu dois passer pour un réel taré. Peut-être que tu l'es un peu d'un côté, mais qu'est-ce que ça peut bien faire ? Elle te connaît, Kim. Ou peut-être pas assez finalement. Peut-être qu'elle ne sait pas jusqu'où tu es capable d'aller. Ce que t'es capable de faire, quand tu aimes quelqu'un au point d'en crever à petit feu. Et tu ne parles pas forcément de l'amour qu'ont deux amants l'un pour l'autre. Tu parles de l'amour qui prend aux tripes, celui qui peut animer le cœur de deux amis, de deux frères. De deux êtres qui se connaissent assez pour se manquer, pour avoir peur de se perdre. « J'ai pas besoin d'une raison. Pas besoin de me justifier, j'veux le faire et puis c'est tout. Peut-être que tu vas me haïr pour ça, et te connaissant, t'admettra jamais que t'en avais besoin. Mais j'vais pas te laisser partir comme ça. » Tu as fini tes tâches quand tu reviens juste devant elle. Tu te plantes là, beaucoup trop proche pour que ce soit sain pour ton petit cœur. Qu'importe désormais. Tu te trouves juste là, à presque pouvoir sentir la chaleur qui émane de son corps. « J'fais ce que je veux de ma vie, Kim. La mettre sur pause, la foutre en l'air, ça me concerne, c'est tout. » Tu la détailles de tes grands yeux clairs. Tu regardes ce visage trop pâle, marqué par la maladie, par tout ce qui ne va pas dans sa physiologie. Pourtant, elle reste la même à tes yeux, Kim. Belle et trop farouche, trop forte pour quelqu'un comme toi. Aujourd'hui, c'est à ton tour d'être fort pour elle, faut croire. « Lutte pas, s'il te plaît. Accepte juste un peu d'aide. Pour une fois dans ta vie Kim. Please. » T'as jamais supplié quelqu'un aussi sincèrement. T'es perdu pour de bon, Abberline, perdu pour elle.

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MessageSujet: Re: this is the road to ruin (kimren)   Mer 5 Juil 2017 - 3:42

and right before your eyes,
i'm breaking, no past
no reasons why,
just you and me

thelasttime@taylorswift

Tout ce que tu souhaites depuis que tu sais que tu es malade, c’est de pouvoir partir seule. De faire le moins de vague possible, de faire le moins mal possible. C’est pour cette raison que tu as quitté ta famille sans donner aucune explication. C’est pour cette raison que tu évites de te faire trop copine avec les avocats du cabinet où tu bosses. C’est pour cette raison que tu tiens tout le monde à un bras de distance. C’est pour cette raison que tu repousses sans arrêt Kieren qui est toujours dans les environs. Kieren qui n’est jamais assez loin, lui qui repousse tes limites, encore et toujours, peut-être même sans s’en rendre compte. Kieren qui te rend folle, dont tu aimerais tant te détacher mais dont la présence te fait du bien plus que tu n’es prête à l’avouer. Ce n’était pas supposée être ça, lui et toi. C’était censé être facile, passager, sans conséquence et voilà que des mois plus tard, tu te retrouves encore une fois devant lui, plus malade que jamais, à être incapable de l’écarter complètement de ta vie malgré tes nombreuses protestations. En réalité, tu ne sais plus quoi faire. Tu ne sais plus quoi dire. L’examen est fini, il n’y a aucune raison qui te retient à l’hôpital, pourtant, tu ne pars pas. Tu sais que le silence et l’ignorance est la meilleure façon de faire taire le jeune Abberline, pourtant, tu en rajoutes toujours une couche, voulant croire ne serait-ce qu’un peu à toutes ses folies qu’il te propose, les voyages, les jours extraordinaires, peu importe le nombre qu’il te reste. T’as envie de croire que c’est possible, même si tu ne l’avoues pas à voix haute, même si c’est complètement fou, même si ça va complètement à l’encontre de ce que tu t’étais promis : de partir seule. Comment tu es censée respecter ta parole quand il y a Kieren qui te colle à la peau, Kieren qui habite ta tête et ton coeur bien plus que toute autre personne avant lui? Tu prends une grande respiration, échappe un soupir et un rire en plein milieu alors que Kieren s’attarde à remettre la pièce en ordre tout en divaguant. Il dit que tu ne pourras pas l’empêcher, que ce n’est pas une offre mais pratiquement une obligation. Que c’est lui qui décide, que putain c’est son choix, qu’il fait ce qu’il veut. Et tu te demandes comment tu es supposée résister plus longtemps alors qu’il s’approche de toi, toi qui t’es levée mais qui n’a pas encore osé passer la porte, toi qui semblait si déterminer à bouger, pourtant incapable de faire un pas de plus.

Sa présence dans ton dos te dérange, alors tu te retournes vers lui, vos visages trop près l’un de l’autre. Ce serait tellement facile de céder là, maintenant. De briser le peu de distance qu’il reste entre vous deux, de joindre tes lèvres aux siennes comme tu l’as fais tellement de fois auparavant. Mais tu n’en fais rien, pas tout de suite, pas encore, même si tu peux sentir son souffle contre ton visage, même si tout ton corps te cri de te laisser aller, de baisser la garde. « Tu pourras pas m’faire changer d’idée Abberline. » Ta voix n’est qu’un murmure, un souffle contre ses lèvres à lui. Tu dis ça et tu te crois à peine, fermant légèrement les paupières, laissant quelques larmes de plus couler sur tes joues déjà humides. T’as envie d’accepter son aide, t’as envie de dire oui, t’as envie de lui dire toutes ses pensées folles qui te gardent réveiller la nuit, quand son visage hante tes songes, mais tu te retiens, encore et toujours. Tu détestes cette sensation d’être soudainement vulnérable, tu détestes l’idée de pouvoir lui faire du mal si jamais tu pars, tu hais la simple idée qu’il puisse te pleurer lorsque tu ne seras plus là. Tu ouvres les yeux à nouveau, tes mains venant se poser sur le visage du jeune homme, brisant un peu plus cette minuscule barrière entre lui et toi. « J’veux pas te faire mal Kieren, j’peux pas supporter l’idée… j’peux pas supporter l’idée d’être celle qui te brise un peu plus. » Tu le sais qu’il ne l’a pas eu facile lui non plus. Tu le sais à quel point il est fragile, encore en train de remettre sa vie en ordre, même s’il n’est pas en mesure de te le dire en tant de mots. Tu ne peux pas, tu ne veux pas être la raison pour laquelle il retombe plus bas. Mais tu ne le lâches pas, tu en es incapable. Tes mains passent dans ses cheveux, vos fronts pratiquement coller l’un sur l’autre alors que les larmes coulent encore et encore sur tes joues. Ta vision est embrouillée, mais tu aperçois encore plutôt bien les traits du jeune homme qui ne s’éloigne pas. « Mais je, j’ai.. » Les mots ils sont bloqués au fond de ta gorge. Tu les penses si fort pourtant, ces trois mots que tu n’as jamais dis à personne. Ces trois mots que tu pensais emporter avec toi dans ta tombe. Mais Abberline, il change encore tout. Si seulement il pouvait comprendre comment il te fait sentir. Si seulement il pouvait se rendre compte de l’état dans lequel il te met. Si t’es incapable de dire les mots, tu résistes finalement à la tentation qui t’habite depuis de longues minutes alors que tes lèvres se posent contre celles du jeune homme. Tu te perds dans le baiser, ton corps pressant contre le sien comme si ta vie entière en dépendait, et dans le moment présent, t’as presque l’impression que c’est le cas. Et puis ce baiser, il n’a rien de ceux que vous avez échangé dans le passé. Il n’a rien de sauvage, rien de brutal, rien de brusque. Le contact est plus doux, passionné, bien que l’on puisse ressentir l’urgence et le besoin qui se cache derrière. Ce baiser il cri aide-moi, reste là. Quand tes lèvres quittent les siennes, tu ne t’éloignes pas. Tes mains sont toujours liés derrière son cou, ton corps toujours aussi près du sien. « J’peux rien te promettre Kier.. mais, je.. J’ai besoin de toi. » Un sourire se forme sur tes lèvres au travers des larmes. Putain, tu t’es jamais sentie aussi vulnérable et forte en même temps. Un drôle de mélange, mais pour une fois depuis tellement longtemps, tu te sens presque bien. Malgré la maladie, malgré ta décision, malgré tout. Parce qu’il est là, comme il te l’avait promis.

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