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(╪/H.) take me to church.


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(╪/H.) take me to church.

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◦ avatar : michiel huisman.
MessageSujet: (╪/H.) take me to church.   Ven 29 Mai 2015 - 20:24


HUGO WOLF KOWALSKI
« de manière incompréhensible, obstinée, terrifiante, je veux continuer cette vie, la seule que j’aie à disposition. »


✩ indolent compagnon de voyage

âge › trente-cinq ans. il fait plus vieux. on lui dit souvent. mais à croire qu'il en a toujours été ainsi. il a toujours été plus vieux. pas plus mûr. pas plus sage. juste plus usé. date et lieu de naissance › vingt-neuf février mille neuf cent quatre-vingt, dans un coin perdu du texas. hugo est né un jour qui n'existe qu'une fois sur quatre. wolf, lui, est né dix-sept ans et quelques après. dans une église de la nouvelle-orléans, un soir d'orage à la fin de l'été. profession › rien d'officiel. quand il y a quelque chose qui se profile, c'est du cash. de l'argent qui tombe dans les mains après les efforts et la sueur. avant, il y avait l'état. et l'aride, les armes. l'état, solution d'un gamin sans passé et sans avenir. maintenant, c'est marche ou crève gravé dans la peau. la survie, la rue, les p'tits boulots. les choses plus ou moins acceptables. plus ou moins tolérables. situation amoureuse › on n'a pas forcément le temps d'y penser. même quand on vit au milieu du monde, et qu'on aimerait parfois avoir un lit. dans un relent d'humanité fragile. mais il aime, des fois. il aime, et c'est toujours sincère. que ça soit pour une nuit ou pour une vie. orientation sexuelle › hétérosexuel. une étiquette pour la bonne cause. il a déjà eu des histoires orphelines avec des hommes. vouées à la misère et l'horreur. il ne fait plus attention à ce genre de maux non plus. ce sont des mots trop sobres pour des réalités trop larges. situation financière › au-dessous du niveau de la mer. comme qui dirait. c'est la rue, la loi de la jungle. et les spirales profondes. il s'y est engagé de lui-même, alors il ne s'en plaint pas. il a choisi de fermer les portes et de devenir un anonyme, au ras du sol et à fleur de peau. avoir le moins, c'est pouvoir le plus. groupe › l'albatros. sans foi ni loi. il mime l'infini. il est d'ici, mais ça ne l'atteint pas. il vole dans sa tête, maintenant qu'il ne le peut plus vraiment. grand oiseau qui a plongé dans les océans. les ailes engluées par le pétrole de la réalité. avatar › michiel huisman. crédit › tumblr.

dis-moi, quel est ton mot préféré ? › Papillon. Comme le couteau. Il y en a toujours un dans son sac. Dans sa poche. Ligne de défense inoxydable. Papillon, comme un symbole oublié. D'une chrysalide qui finira par exploser. D'un changement qui finira par arriver. D'une beauté sortie de la laideur. et puis, quel est l'endroit que tu préfères, dans le monde entier, celui où tu te sens en paix ? › une église. une mosquée. une synagogue. un temple. quelque part. même si il n'y a pas de dieu au-dessus. même si il en est sûr. il échoue parfois entre des murs, dans le silence. il tombe à genoux, il baisse la tête. il ploie la nuque, ses mains se serrent. il y en a qui appellent ça prier. lui, il laisse le monde revenir à lui. il laisse les choses le faire suffoquer. et le ramener au réel. si tu devais me lire une histoire, laquelle est-ce que tu choisirais ? › Lire n'a jamais été sa passion. Il faut raconter ce qu'on se passe de bouche à bouche. Entre les oreilles. Peut-être une légende urbaine. Une histoire pour se faire peur. Paraît-il que c'est ce qu'il raconte le mieux. Des histoires de forces meurtrières. Comme au camp, là-bas. Quand il rappelait des rires nerveux. Les coeurs d'enfants dans les corps d'hommes abrutis. raconte-moi quelque chose sur toi. › Il a perdu la plupart des sensations dans son bras gauche. Un membre engourdi. Des muscles qui répondent. Mais un toucher hasardeux. Il ne sent plus vraiment sa force. Ne sent plus vraiment les coups. Et pourtant tout semble exacerbé.


✩ exilé sur le sol, au milieu des huées

On n'est pas une seule personne. On ne peut pas garder un seul visage. Vivre dans un seul corps. Connaître une seule âme. Certains flirtent avec l'inconstance plus que d'autres. Prêts à vendre ce qu'ils sont à un diable auquel ils ne donnent aucun crédit.

Hugo a vendu son âme au diable.
Kowalski a failli le sauver.
Il est devenu un loup.

Trois noms, trois hommes, trois coeurs, trois vies. Comme s'il était impossible de conjuguer un parcours au singulier. Comme si le destin ne se valait que dans ses pluriels.

Hugo n'a pas d'histoire. Hugo est un enfant sans origines. Un gamin sans père. Un gosse. Un simple gosse. Qui un jour, comme tous les gosses, a perdu sa mère dans un bâtiment trop grand pour lui. C'est si simple de perdre de vue ses parents. Il suffit de ne pas faire attention, juste quelques secondes. De regarder le plafond, d'écouter d'autres mots. Battements de cils. Seul.

On ne naît pas machine à problèmes. Le monde colle simplement cette étiquette sur le front de certains enfants. Après les premiers cris, encore couverts de sang, une bête hideuse décide que ce rouge ne partira jamais vraiment. Et que ça sera avec cette encre-là qu'on écrira le restant.

Il n'a peut-être jamais vraiment parlé. Il n'est peut-être jamais vraiment rentré dans une seule case. On n'a pas réussi à trouver le bon adjectif, pendant dix-sept ans. On a essayé de remplacer l'étiquette. De réécrire ce qui avait été convenu dès le début. Échec constant.

Hugo, c'est le coeur. Le coeur enfoui, qu'on n'a plus appelé depuis un matin d'été. Hugo. On ne donne plus ce nom. Il est trop simple et trop beau pour ça. On ne fait pas partie de la masse. On a un poids plus lourd que ça. On nous a dit que c'était un monstre sous-jacent. Un prédateur au pelage brillant.

La Chose, avec un grand C. Elle a toujours été . On grandit avec. En la cachant. Parce qu'il ne faut pas qu'on la voit. On n'est pas censée la montrer. On n'est pas censé frapper, hurler, cogner, s'emporter. On est censé rester muet. Rester, et attendre. Patiemment. En laissant la Chose gronder au fond du ventre. Ronger les os. Tailler les nerfs en pointes. On doit laisser la Chose attendre son heure. Attendre que la nuit soit la plus sombre. Que les étoiles s'éteignent. Que l'air se fige.

Elle ne veut pas de pitié, la Bête. Elle ne veut rien, ni personne. Elle veut sa liberté. Elle veut être reconnue. Elle veut tuer l'agneau. Elle veut tuer le pelage blanc et la douceur. Être doux, c'est être faible. Être faible, c'est être lâche. Être lâche, c'est abandonner. Abandonner, c'est donner naissance à une autre Bête. Quelque part ailleurs, dans un autre coeur.

Wolf est né presque adulte. Il est né impétueux. Il est né en claquant la porte d'un foyer. Il est né en déclarant sa liberté. On ne peut pas retenir le Sauvage, l'Animal, l'Instinctif. On ne peut pas retenir Wolf.

On ne peut pas retenir grand-chose, le long d'une vie.
Certains hommes en font partie.
Cette catégorie.

Il a cru revivre, au détour d'une église. Il a cru qu'après l'errance sans but, il y aurait quelque chose. Un orage qui déchire le ciel. Une porte qui se pousse. Un gamin blanc au milieu d'une église du Treme.

May a bien pensé qu'il était un signe. Un signe envoyé par l'hypocrite du dessus. May avait perdu le sien, sa chair, son sang, quelques mois plus tôt à peine. Contre la justice inexistante qui était censée faire la loi.

Il avait les vêtements collés à la peau et le regard impitoyable. Il avait la bouche sèche de ne pas avoir de mots. Et le coeur serré d'avoir fait les mauvais choix.

Elle en a fait son fils.
Elle a ouvert sa porte.
Elle lui a demandé un nom.


Il a répondu Loup. Et il a un instant arrêté de montrer les crocs.
Les dents blanches. Aiguisées.
Elles n'ont jamais été loin.
Loin derrière les babines.

Elles étaient de circonstance, quand il a enfilé le kaki. Il a fait pleurer May, la nuit. D'avoir choisi si rapidement de s'embarquer là-dedans. Le temps de reprendre des plumes. Comme un besoin. Celui d'essayer de redresser la barre. De montrer. Lui montrer.
Regarde. Je vais même marcher au pas. J'arrive à faire ça, maintenant. Grâce à toi. Tu vois ?
Je m'appelle Kowalski.

Il y en a qui disent qu'il y a des gens comme ça. Qui n'arrivent pas à rester dans leur place. Et à un cheveu près, ils passaient à côté. Ils brisaient le début d'incroyable. Juste pour pouvoir changer de position, à peine se bouger, se rapprocher un peu.

Il n'a pas vraiment parlé de ce qui s'était passé. Là-bas, au loin. Dans les montagnes inconnues, dans les plaines désertiques. Les choses avaient pris un autre goût, après la chute des Jumelles.
May a dit qu'il était devenu amer, en rentrant.
Il avait souri avec les canines.
Un trauma crânien. Une sombre histoire. Et quand elle avait voulu poser ses doigts sur son bras, alors qu'il était assis dans la petite cuisine, il avait sursauté.
Ne plus sentir les choses de la même façon.
Un poids mort de plus accroché au corps et à la conscience.

Les femmes n'ont été que des histoires compliquées. Certaines un peu plus que d'autre. Elles s'appelaient Sarah et Katrina. Katrina est passée avant. Elle a vidé la ville et les coeurs.
Il a confirmé son talent. Briseur de rêves, briseur d'envies.
Il est parti, après le vent.
Il était resté tout du long. Il était resté avec Elle. Au milieu du cauchemar.
Mais il avait déjà vu assez de choses flottant le long des eaux.

Sarah a cru régler les problèmes. Il a voulu y croire, lui aussi. Une autre ville, un autre monde, quelques temps plus tard. Plus au nord. Il y avait ce bébé. Il y avait son sourire doux, alors qu'il grognait doucement le matin. Bulle de savon. Fragile, volatile, éphémère.
Il était père. Il vivait la vie des gens. Il y avait quelque chose de vrai.
Ils avaient peu. Mais ça, ça n'avait jamais vraiment changé.

Il avait un sourire en coin qui semblait vouloir tout dire. Et ces creux dans ses joues. Des fossettes qui riaient comme ses yeux. Quand il mettait ses lunettes pour se replonger dans ses livres, il semblait redevenir soudainement si sérieux. Et toi, tu le regardais, assis là, dans son lit. Il n'avait pas forcément besoin de parler. Il avait Hugo avec lui.

Tu lui avais dit.
Appelle-moi Hugo.
Et ça faisait bien dix ans qu'on ne t'avait plus appelé comme ça.

C'était un gosse. C'était qu'un gosse.


Il a fallu que ça casse. Parce que le fil casse toujours.
Il lui avait dit, à tout hasard, un soir.
Faudrait peut-être que t'ailles voir un médecin.

Sarah fait les cent pas. Il regarde par la fenêtre. Les poings serrés, au fond des poches. Elle ne comprendra pas. Elle ne pourra pas comprendre. Il est une pierre au milieu du courant. Une pierre que le torrent use et ronge. Sans bouger, il se heurte, sans arrêt. La première insulte. Elle ne comprend pas. Il se retient. Serre des mâchoires. Le coeur battant, jusqu'aux tempes. Il a vu son amant, quelques heures auparavant. Il crève d'envie de lui dire. Que cet amant, assis à cette table dans le petit café, à triturer sa tasse nerveusement, avait tenté d'adoucir les choses qu'il avait à dire.

Il a une tumeur, Sarah.

Et Hugo a parlé, pour une fois. Avec le regard, un instant, du gamin dépassé. Le temps, quelques secondes, que le Loup ne se relève. Ne vienne à nouveau engloutir la petite chose.

Occupe-toi de Gracie. J'ai rien à faire ici.

Si elle crie, il ne l'entend pas. Il sait qu'il est en train de faire le mauvais choix. Elle ne peut pas le retenir. Il a envie de lui dire. À quel point il est désolé. Mais Gracie s'est mise à pleurer. Il n'a quasiment rien dans les poches. Quasiment rien sur le dos. Quelques affaires. Il lui laisse tout. Il lui abandonne tout.
Comme une urgence, pour la survie. Fuir.
Fuir comme seule solution.

Léon ?
Léon, je ne voulais pas faire ça. Léon, j'ai tellement merdé. I fucked up. Everything up. C'est pas le moment. Mais je peux pas rester. Léon... Léon, quand t'auras ce message... For fuck's sake, Jesus... Me hais pas. Je peux plus rester ici. C'est le pire moment, tu viens d'apprendre pour ta tumeur, and, I just... I fucked up. Sarah sait maintenant. Je suis parti et j'ai laissé tout le monde, mais gosh, Léon. C'est pas de ta faute. I promise. Je pars comme ça, mais fuck, si tu te bats pas contre ce truc... I'm gonna kill you, dude. J'ai plus de temps et j'ai plus de monnaie pour la cabine. Je.. J'ai jamais eu ça, Léon. Tu te fais une belle vie, hein ? Si on se revoit un jour, t'as intérêt à me dire que t'as un doctorat et que t'as fondé une belle famille. You... You deserve it, kiddo. Je dois y aller. Je... J'espère que tu vas avoir ce message. I... I love y-.

Et ça a coupé. Il raccroche. Avec violence. Et plaque son front, juste un instant, contre le verre des vitres de la cabine. Les traits tirés et les poings serrés. Il crispe ses mâchoires, ses paupières, son coeur tordu.

Wolf a aimé quelqu'un, une fois, paraît-il.
Même si il a pris peur.
C'était Hugo.

Hugo, il a fallu l'enterrer à nouveau. Le laisser à nouveau au fond des choses, de côté. Passer la frontière, comme si ça allait changer les choses.
Il y en a une, de chose, à laquelle on ne pense pas forcément.
Même avec un sommeil impossible, on arrive à se faire voler dans les centres d'hébergement.

Alors on peut tomber plus bas. On peut revenir à l'essence même.
L'animal. Le survivant. L'instinct.

Il y a cette enfant, qui est apparue, au détour d'une rue. Dans les couloirs d'un centre d'hébergement. Elle n'est qu'une gamine. À croire qu'il faut toujours que la jeunesse vienne attirer le vieux monstre.

Wolf. Un chien bâtard, galeux. Un loup au demeurant.
On était parti pour ne plus s'attacher, ne plus heurter personne.
Devenir une ombre, l'ombre d'une ombre. S'effacer dans le monde.

Est-ce que tu l'aimes ?
Ce verbe, il n'existe plus vraiment. Entre tes lèvres, dans ta bouche.
Bande de misérables.

Tu vis au milieu de la cour des miracles.


✩ le poète est semblable au prince des nuées

pseudo › SAILOR V.   t'as d'beaux yeux tu sais › oui, y a le bac, oui, j'ai plein d'autres rps à faire, mais oui, c'est encore un nouveau compte     et est-ce que la vie est belle ? › GRAHOU.    

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MessageSujet: Re: (╪/H.) take me to church.   Dim 31 Mai 2015 - 11:28

gros hugo. I love you

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MessageSujet: Re: (╪/H.) take me to church.   Dim 31 Mai 2015 - 21:39

ma grosse bête est là

(jotem.)

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MessageSujet: Re: (╪/H.) take me to church.   Lun 22 Juin 2015 - 13:24

bon, il faut bien finir par le faire... poum poum poum, j'vais me valider alors &&

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