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≈ what's the best way ? no one knows. (camillax)


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≈ what's the best way ? no one knows. (camillax)

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MessageSujet: ≈ what's the best way ? no one knows. (camillax)   Sam 18 Avr 2015 - 2:54

≈ six degrees of separation
camille & jax



J’ai l’impression que mes pieds sont plus lourds que d’habitude. Et je me demande une nouvelle fois si je ne suis pas en train de faire une erreur.

J’ai l’impression de ne penser qu’à ça, depuis ce matin. Depuis que j’ai enfin pris mon courage à demain, et que j’ai pris la direction de ce petit fleuriste que Greta m’a conseillé. En me levant, j’étais prêt. Enthousiaste. Je me suis dit que tout irait bien, et que c’était une bonne idée. Respectueuse. Surprenante. Tout à fait son genre. Que ça lui ferait peut-être plaisir, malgré le temps écoulé depuis notre dernière entrevue. Je sais qu’elle a dû passer à autre chose. Je lui souhaite sincèrement. Je n’ai pas envie de la reconquérir. Tout ce que je veux, c’est passer du temps avec elle. Avec cette amie qu’elle avait su être pour moi, au-delà de l’amante.

Mais une fois planté devant cet employé en tablier serré, à devoir choisir les fleurs pour son bouquet, j’ai commencé à stresser. Stresser qu’elle trouve ça cruel et stupide de ma part de faire ça. Stressé de me dire que peut-être, pour elle, il n’y avait absolument jamais rien eu d’amical. Que je n’avais été que l’amant. Rien de l’ami. Je n’étais rien de plus qu’un souvenir, sur lequel elle avait tiré un trait.

Alors que mon esprit malade d’inquiétude remuait les mauvais mots et les spéculations, mes pieds avaient continué de me guider, sans que je n’aie la force de lutter. J’avais continué d’avancer, comme si de rien n’était. Et je me retrouvais là. Devant cette petite maison. À tenir ce bouquet garni et coloré dans ma main moite. Et à me répéter depuis que j’avais pris le chemin de chez elle que c’était une erreur. Une profonde et cruelle erreur.

J’avais eu du mal à retrouver sa trace. Surtout dans une ville où je n’avais fait que passer, plusieurs fois, durant ces dernières années. Dans une ville où je n’étais pas venue depuis presque trois ans. Mais j’avais réussi. J’avais trouvé, après des recherches acharnées. North-Hatley n’était pas si grand. Et les gens se connaissaient. Les gens parlaient.

Sans que je n’y réfléchisse vraiment, mon poing toque à la porte en bois blanc vernis. C’est beau. Elle s’est peut-être mariée, qui sait. Peut-être qu’elle va m’ouvrir, enceinte jusqu’aux yeux d’un homme qui, lui, a su l’aimer dans la durée. Mais quoi qu’il arrive, j’espère voir un sourire. Pas de bonheur de me voir, mais de bonheur d’être dans sa vie, au moment où elle ouvrira. Du moins, jusqu’à ce qu’elle tombe sur moi.

J’ai peur. Je le sais. Je le sens. Je suis ridicule. L’orgueil piqué au vif. Je ne dis rien. Je ronge mon frein. J’essaie de paraître le plus détendu possible. Je regarde autour de moi. L’adrénaline est montée. Et soudain, j’arrive réellement à me détendre. Lorsque la porte s’ouvre, c’est un battement de cœur frénétique qui tend la plupart de mes muscles. Mais j’ai vu un chaton tenter d’escalader un muret, un peu plus loin. J’ai souri.

Et au moment où je tourne la tête vers elle, le sourire est toujours accroché là, quelque part sur mes lèvres.
Dans le pire des cas, je ne la reverrai jamais, et tout se terminera là.

Je n'ai pas d'espoir.
Rien que le souvenir d'un bonheur éphémère, mais puissant.


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MessageSujet: Re: ≈ what's the best way ? no one knows. (camillax)   Sam 18 Avr 2015 - 12:55

don't waste your time on me
you're already the voice inside my head.

imissyou@blink182.

« Elie? J'crois que ça a frappé à la porte. Eliiiiiiiiie. »

La petite fait des bulles dans le bain. Elle rit de ce rire que tu aimes tant. Celui de l'innocence. Ses cheveux roux mouillés collent contre ses joues, mais elle ne se rend compte de rien. Y'a que les bulles qui comptent et c'est ce qui la rend si belle.

Tu n'entends plus rien dans la maison et tu en viens à te demander si Elie est là. Peut-être qu'il est sorti pendant que tu donnais le bain à la petite. Et puis ça frappe à nouveau et tu soupires. Parce qu'elle vient tout juste d'embarquer et que l'heure du bain, c'est un peu ton temps préféré avec elle.

« ELIIIIIIIIIE. »

Pas de réponse. Décidément, tu es toute seule. Ça veut dire qu'il faut vraiment sortir la petite du bain. Tu l'enroules dans sa serviette de bain avant de descendre les escaliers un peu à la course, le chandail trempé et la petite riant de bonne foi, sans trop comprendre pourquoi tu l'as sorti si vite. Tu ne sais pas si la personne qui est derrière la porte est toujours là, mais tu continues de crier « J'arrive, j'arrive, j'arrive. » juste au cas.

Et puis tu ouvres la porte. Et puis comme ça, avec le chandail mouillé et une gamine de deux ans et demi qui rigole dans tes bras, ton univers change complètement.

Parce qu'il est là, devant toi, des fleurs dans les mains. Parce qu'il te regarde avec ce sourire en coin qui t'a charmé trois ans plus tôt et tu n'arrives plus vraiment à comprendre ce qui se passe. Parce qu'il est là et que Lizbeth aussi est là et que putain, tu te dis que tu aurais peut-être dû suivre les conseils de ton frère et essayer de le retrouver lui, plutôt que de le voir un jour débarquer chez toi un peu au hasard, un samedi après-midi.

Cette vie, ta vie, elle est drôlement faite.

« Jax? Mais.. Mais qu'est-ce que tu fiches ici? »

Et par ici, tu veux dire devant ta maison. À North Hatley. Dans la même province que toi. Trois ans. Sans nouvelle. Aucun signe de vie. Après tout, c'est pas comme s'il pouvait savoir que sa dernière visite dans le coin t'avait laissé un drôle de cadeau. Tu sens d'ailleurs le dit cadeau qui a la bougeotte dans tes bras, et qui réclame de ton attention en tirant sur le col de ton chandail. « Maman, j'veux aller par terre. » Tu l'as dépose, un peu sans t'en rendre compte parce que ton regard reste figé sur le jeune homme. Tu n'as pas passé beaucoup de temps avec lui, mais assez pour être en mesure de te souvenir du moindre de ses traits. De ses yeux, de ce sourire, de cette mâchoire. Tu ne sais pas quoi dire, tu ne sais pas quoi faire.

Et puis il y a Lizbeth par terre, qui regarde les fleurs dans les mains du jeune homme comme si elle n'avait jamais rien vu de plus beau dans la vie. Et pour la première fois, tu remarques à quel point elle lui ressemble, à lui aussi, bien plus que tu ne voulais l'admettre.

Qu'elle n'est pas réellement juste à toi, finalement.

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MessageSujet: Re: ≈ what's the best way ? no one knows. (camillax)   Sam 18 Avr 2015 - 14:12

≈ i'll put roses on your grave
camille & jax


Ce à quoi je ne m’attendais pas vraiment, c’était de voir une minuscule petite chose accrochée à ses bras.

À vrai dire, une part de moi le souhaitait. Je voulais son bonheur, et si je l’avais imaginée enceinte d’un autre, il était fort possible qu’elle puisse avoir déjà un enfant d’un autre. Pour autant, malgré mon sourire toujours fiché aux lèvres, je ne pus retenir un battement de paupières un tantinet surpris.

Surprise. Elle l’avait l’air. Et je la comprenais. Il y avait de quoi. Trois ans, sans un mot, sans un signe de vie. Elle savait à quoi elle s’engageait, en tombant dans mes bras. Alors je ne me suis pas posé de questions. Peut-être que j’aurais dû m’en poser avant de venir frapper chez elle. À la réflexion, je pense que je n’aurais pas dû. Je pense que j’aurais été plus intelligent à partir dès maintenant, et à ne pas empirer mon cas. Je pense que si j’avais pu remonter le temps, là, maintenant, j’aurais changé ce qui était arrivé. Et je ne serais pas venu. De toute évidence, elle n’avait plus du tout besoin de moi dans sa vie. Elle avait de quoi s’occuper. Une adorable frimousse, tout à son identique. On aurait dit sa mère, avec une grosse vingtaine d’années de moins. Et quand je regardai Camille, je réalisais qu’elle n’avait pas vraiment vieilli. Bien sûr, elle avait les traits de la mère qui travaille, la mère qui a une fille d’environ deux ans, et qui doit tout resserrer dans sa vie pour mener à bien tant sa vie de mère que sa vie professionnelle. Mais aussi étrange que cela puisse paraître, elle n’en était que plus belle.

« On est de retour en ville pour tout le mois. »

Je souris. Je la regarde poser sa fille. Une part de moi voudrait partir en courant, certes. Mais je crois que je parviens à garder cette part de moi enfouie. Tout au fond. Je suis détendu. Un battement de cœur peut-être un peu trop rapide. Mais je contrôle le moindre de mes gestes. Le moindre de mes mots. Elle a cet effet sur moi. Comme une piqûre anti-stress, qui aurait fait dans le même temps injection douce d’adrénaline. Et je suis bien.

« Salut toi. »

Je souris. Depuis que la petite est par terre, elle fixe mon bouquet comme si je venais de faire un tour de magie. J’adore les enfants. Et elle, elle est particulièrement mignonne. Elle ressemble à sa mère. J’peux pas m’empêcher de lui sourire. Elle a l’air d’être sortie du bain en quatrième vitesse. Visiblement, je dérange. Mais ça ne m’inquiète pas plus que ça. Pas plus que le fait qu’elle ait une fille d’environ deux ans. Peut-être que ça devrait. Je crois que ça devrait. Mais je n’arrive pas à m’inquiéter. Foutu effet Camille.

« Tiens, c’est pour toi. »

J’attrape trois fleurs de la gerbe, et je les sors doucement. Puis, je tends le bouquet à la petite. Il n’est pas lourd. C’est un bel ensemble, mais pas trop gros, ni trop imposant. Je n’ai rien à compenser. Je viens simplement dire bonjour. Je l’aide à tenir dans sa petite serviette, et à attraper le bouquet à deux mains quand même. J’ai posé un genou à terre. Je ne sais pas si Camille me laissera approcher sa fille trop longtemps. Mais j’en profite. Et un instant, je me demande si ce n’est pas cette petite qui m’apaise, plutôt que sa mère.

Je me redresse rapidement, et tend les trois fleurs restantes à la grande rousse avec un sourire.

« Et je me suis dit que je pourrais passer te rendre visite. »

J’ai peut-être été con. Mais ça n’enlève rien au fait que je suis content de te voir.


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MessageSujet: Re: ≈ what's the best way ? no one knows. (camillax)   Sam 18 Avr 2015 - 15:21

Tu le savais que mentir n'allait pas être la solution. Mais tu savais aussi que de dire la vérité, ça n'allait pas être une chose facile. Parce que tu le vois dans ses yeux, dans cette façon qu'il a de regarder la petite alors qu'il ne sait même pas qu'elle est sienne. Il aurait voulu savoir. Et s'il avait su, peut-être qu'il serait revenu. Probablement même. Il aurait voulu être son père, pas seulement un simple donneur de sperme laissé derrière, dans l'inconnu.

Mais tu aurais alors dû la partager ta petite, ta précieuse, ton propre portrait alors tu en avais fait seulement à ta tête. Tu ne t'étais jamais imaginée qu'il reviendrait vers toi. Tu ne croyais même pas qu'il se souviendrait de cette semaine. Tu croyais réellement n'être qu'une parmi tant d'autres.

Là encore, tu avais peut-être tort. Mais il t'était difficile de penser autrement. Tu te dis que sinon, il aurait laissé un numéro ou une adresse pour le joindre, le retrouver. Mais non. Que le vide absolu et une petite vie dans ton ventre.

Ou peut-être que tu es simplement hypocrite. Peut-être bien que t'as pas véritablement envie de défaire le vrai du faux à ce moment précis.

Même si au fond, t'as plus vraiment le choix, non?

《 C'est vraiment gentil d'avoir pensé à moi hum. Pour être vraiment honnête, je pensais même pas que tu te souviendrait de moi. Je croyais que ton grand numéro, tu le sortais un peu partout où tu vas. 》

T'es vexante Cammie, et c'est à peine si tu t'en rends vraiment compte. Ce n'est pas volontairement ton intention d'être méchante ou quoique ce soit. Peut-être que tu essayes simplement d'être un peu plus la victime et un peu moins la coupable alors que tu sais trop bien quel masque te va le mieux en ce moment, malgré toutes les prétentions du monde.

Tu prends les trois fleurs, tu ne peux t'empêcher un sourire malgré le malaise qui plane autour de vous deux. Tu te penches pour t'approcher de ta fille, ou votre fille devrais-tu plutôt dire. 《 Tu veux aller mettre les fleurs dans l'eau? 》 Elle fait des grands signes de la tête et tu l'attrapes, tout en invitant le jeune homme à rentrer. 《 Je reviens, juste le temps d'aller lui enfiler un pyjama. 》 Un sourire, nerveux.

Sérieux, c'est quoi tout se bordel?

Tu entends la porte qui se ferme derrière Jax et tu files à l'étage avec Beth pour lui mettre des vêtements en quatrième vitesse avant de redescendre à la cuisine pour mettre les fleurs dans un vase, comme tu l'avais promis à la petite. Et quand tu reviens au salon, ta mini se trimballant fièrement derrière toi, tu as l'impression que ton coeur s'arrête à nouveau alors que ton regard se pose à nouveau sur le jeune homme qui est bien réel et bien là, au milieu de chez toi.

《 Comme ça tu travailles toujours à la fête foraine uh.. 》

Plus tu évites, plus ce sera pénible. Aussi bien l'arracher tout de suite, comme un bandage coller depuis bien trop longtemps.

《 J'ai euh, j'ai quelque chose à te dire, mais j'ai besoin que tu ne paniques pas et que tu prennes en considération que je ne croyais jamais au grand jamais te revoir. Surtout pas ici, chez moi. 》

Patine Cammie, patine. Tu attrapes la petite dans tes bras, comme un bouclier pour te protéger si les trucs dégénèrent. Tu fais dur, mais tant pis.

《 Je te présente Lizbeth, deux ans et demi. 》

Tu ne veux pas le dire. Tu ne peux pas le dire. Mais tu espères qu'il est assez intelligent pour comprendre ce que tu sous-entends.

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MessageSujet: Re: ≈ what's the best way ? no one knows. (camillax)   Dim 19 Avr 2015 - 18:26

≈ i'm not strong enough
camille & jax


Je sais qu’il y a quelque chose qui ne va pas, mais je crois qu’une part de moi refuse tout bêtement de l’admettre. Je continue d’afficher un sourire léger, comme si de rien n’était. Comme si je venais simplement dire bonjour, malgré la sensation de plus en plus poignante que quatre murs invisibles semblaient se rapprocher de moi à toute allure. J’allais bientôt être écrasé, comprimé, et aucune possibilité de retraite n’allait pouvoir être envisagée. Comme si le mal guettait. Comme si la vérité était cachée quelque part, et n’attendait que le moment le plus sournois pour me sauter à la gorge.

Ce que j’ignorais encore, alors c’était que cette petite fille qui me faisait pourtant me sentir moins stressé était ladite vérité.

Les paroles de Camille sont blessantes. Mais je ne me laisse pas assommer. Parce qu’elle n’a pas tort. Pas entièrement, à tout le moins.

« Je ne sors pas particulièrement le grand jeu partout où je vais. » Léger sourire. Ça veut dire que quand j’étais avec toi, je l’ai vraiment sorti. Ailleurs, je me laisse juste bercer par le flot, sans grands efforts. Les femmes qui m’approchent montrent en général moins de résistance en deux semaines que tu n’en as montré en une heure.

Je n’ai pas envie de me disputer avec elle. Je me tais. Je souris lorsque sa fille montre son approbation à mettre les fleurs dans l’eau. Je hoche la tête lorsque Camille me dit qu’elle va aller lui enfiler un pyjama. Et, alors qu’elle fait demi-tour, j’hésite. J’hésite à rentrer, ou à rester planté dehors comme un idiot. J’ignore si elle veut de moi ou non dans sa maison, ou si elle préfère simplement que je reste sur le pas de la porte, et qu’elle me parle avec une distance sécuritaire. Moi dehors, et elle au chaud. Le résumé de ce qui semble être devenu nos vies respectives.

Je finis pourtant par rentrer. À croire que mon corps a décidé d’abréger ma réflexion. La porte se referme derrière moi, mais je ne m’aventure pas dans la maison. Je resterai sur le paillasson tant qu’elle ne m’aura pas officiellement invité chez elle.

« Ouais. Toujours le même numéro, à peu de choses près. »

Et je ne vois pas vraiment ce que je pourrais ajouter. Peu de choses ont changé pour moi. Beaucoup semblent avoir évolué pour elle. Néanmoins, je ne pose pas de questions. J’attends. Je sens que plusieurs phrases brûlent ses lèvres, et qu’elle n’attend qu’un élan de courage pour me les dire. Le problème, c’est que j’ignore simplement quelle est la nature de ses phrases. S’il s’agit d’une révélation choc, de paroles assassines ou de mots doux. Je pencherais pour la première ou la seconde option, à première vue. Mais sait-on jamais. Cette fille a toujours eu un grand côté mystérieux, sur les bords et à l’intérieur.

Et bingo. Elle a quelque chose à me dire. C’était bien d’une révélation choc dont il s’agissait, visiblement. Je ne dis rien. Je la laisse aller jusqu’à ce que je pense être l’aveu. Je crois toujours qu’une part de moi a compris depuis le début, mais a empêché les autres d’admettre la vérité. D’admettre les faits. Sauf que lorsque les mots passent les lèvres de Camille, le doute s’installe chez toutes les autres parts. Que celle qui sait peine à contenir le secret, et à faire penser à autre chose. Les mots ont des allures de présentation. Mais le sous-entendu a des allures assassines.

Je suis submergé de l’intérieur. Je regarde Lizbeth, qui me regarde. Ses grands yeux, ses ressemblances frappantes avec sa mère. Mais il y a quelque chose. Quelque chose d’autre. Quelque chose du père. Quelque chose dans le regard, quelque chose dans son petit nez, plus fin que celui de Camille. Quelque chose qui me glace soudainement le sang. Les murs se sont resserrés autour de moi, et m’écrasent désormais. De multiples sentiments me submergent. Peur, colère, déni, incompréhension.

Je ne veux pas alerter la petite. Alors je m’efforce de sourire. Je tends la main à l’enfant en me penchant légèrement vers elle.

« Enchanté Lizbeth. Moi c’est Jax. »

Elle me sert la main en rigolant. Peut-être flattée. Peut-être juste amusée. Lorsque je relâche ses petits doigts, que je me redresse doucement et que mon regard croise celui de Camille, il n’y a rien d’enchanté. Mes dents se sont très légèrement serrées. Et je ne lâche pas les prunelles bleues de la jeune femme. Je veux des explications. Des réponses. Même si je crois que le plus gros est dit. Que le plus gros est compris.

Compris, même si je refuse encore de mettre les mots sur ce qui se passe.
Compris, même si mon regard implore une tragique confirmation de ce que j’ai saisi.

J’ai compris. Ce que je ne comprends pas, c’est pourquoi elle le fait en présence de Beth. Pourquoi elle ne veut pas la protéger. Pourquoi elle l’expose. Peut-être pour m’empêcher d’exploser. Et ça marche. Mon cœur brûle. J’ai l’impression de me consumer de l’intérieur. Mais je ne dis rien. Pas un mot, pas un soupir, pas une remarque, pas un battement de cils.

Un regard, un hurlement intérieur.
Et le silence.


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MessageSujet: Re: ≈ what's the best way ? no one knows. (camillax)   Lun 20 Avr 2015 - 11:44

people grow and fall apart
but you can't mend your broken heart.

nina@edsheeran.

T'as si longtemps essayé d'oublier qu'aujourd'hui d'en reparler, ça te ramène directement en arrière. À cette semaine passée ensemble, il y a un peu plus de trois ans.

À ce petit jeu du chat et de la souris que vous jouez, si rapidement. Mademoiselle l'indépendante qui fini tout de même par lui filer son numéro de téléphone au bout d'un court échange. La balade à bord de sa moto. Le pique-nique au bord du lac. Y'a jamais eu un homme qui a si bien joué son jeu avec toi. Aucun homme qui n'a été en mesure de te charmer aussi rapidement, de t'en faire voir de toutes les couleurs en si peu de temps. Tu t'es rendue compte assez vite que peu importe qui tu rencontrerais dans ta vie, personne ne pourrait arriver à la cheville du charme que Jax a eu sur toi, sur le petit bout de femme que tu étais au tout début de ta vingtaine.

Et puis avec le cadeau qu'il t'a laissé ensuite, évidemment, jamais personne ne prendrait une aussi grande place dans ta vie, sans même le savoir.

Tu pars. Et tu reviens. Il est toujours là. Tout ça, c'est bien réel. Et tu es toute seule devant tes vieux fantômes, devant tes vieilles réalités à moitié avouées. Tu prends une grande respiration. Tu parles vite, terriblement vite. Tu craches la vérité et ça fait mal, terriblement mal. Parce que Jax, il le comprend, peut-être même qu'il avait compris avant que tu ne le prononces, tu le vois dans ses yeux. Mais Lizbeth, elle, elle ne comprend rien. Elle n'est pas encore assez vieille pour se demander qui est son papa et pourquoi elle, elle n'en a pas. Ou du moins, pourquoi il n'est pas là. Pour poser des questions sur lui, où il est et ce qu'il fait. Tu croyais avoir encore quelques années avant de faire face à tout ça.

Mais le temps t'a rattrapé. Jax, il est venu tout chambouler, une fois de plus.

Tu le regardes qui sert la main de la petite, comme si de rien était, mais dès que ses yeux croisent les tiens, tu comprends que ce n'est pas comme si de rien était. Tu comprends aussi qu'il se retient de te hurler dessus parce que Beth est là et qu'elle ne comprendrait pas. Tu sais que tu n'aurais pas dû lui dire alors qu'elle est là, placée entre vous deux et qu'il ne peut pas réagir à son aise, mais t'avais trop peur de le faire autrement, trop peur d'attendre et de ne jamais rien dire au final. Trop peur d'empirer les choses, pire que ça ne peut déjà l'être, comme si telle chose était encore possible.

T'avais merdé Cammie, plus que jamais. Et tu n'avais aucune porte de sortie pour t'échapper, comme à ton habitude.

« J'imagine que tu ne t'attendais pas à ça et je suis désolée. Vraiment désolée.. »

Tu ne sais pas quoi dire de plus. Après tout, il n'y a aucun mot qui va remonter le temps à trois ans plus tôt. Aucune formule magique pour reprendre le tout et faire la bonne chance. Pour de pilule miracle pour décider de l'appeler lorsque tu as finalement vu le petit plus apparaître sur ton test de grossesse. Rien de tout ça, rien de possible. Que le malaise et les regrets. Que la colère et l'incompréhension. Que la petite au beau milieu de tout ça, la plus belle erreur qui soit.

Tu entends la porte qui s'ouvre derrière le jeune homme et tu aperçois ton frère qui rentre, un sac d'épicerie à la main. Il se fige dans l'entrée alors qu'il vous aperçoit là, tous les trois, dans un silence rempli de malaise. Beth elle, toujours dans son petit monde, se débat légèrement de tes bras pour aller vers son oncle qui dépose automatiquement son sac pour prendre la petite dans ses bras. Il offre un regard curieux vers Jax, suivi d'un regard pleins de questions à ton égard. Tu racles ta gorge, inconfortablement, un peu pour remplir le silence et le malaise et tu tentes un sourire envers Elie. « Elie, j'te présente Jax. Tu sais, le mec dont j't'ai parlé. » Tu fais des gros yeux à ton frère, l'art de dire tu sais, le Jax qui m'a mise enceinte, celui de la fête foraine, le père de cette gamine que tu tiens dans tes bras? Tu espères qu'il va comprendre et voler à ton secours, mais sa réaction va plutôt en direction opposé de ce que tu aurais aimé. Il te regarde, hoche positivement de la tête avant de baisser son regard vers Beth qui a l'air si bien dans les bras de ton frère. « Qu'est-ce que tu dirais si on va faire des biscuits ensemble dans la cuisine pour que maman puisse discuter avec son ami? Ça te tente? » Ton regard se fait désespéré vers l'autre Fitzgerald alors que Beth s'exclame déjà de joie. Tu n'as même pas le temps de contester que déjà, ils ont disparu de ton champ de vision et tu te retrouves en solitaire face à Jax.

Et tu sens que la tempête ne fait que commencer.

« J'te demande pas d'accepter ou même de comprendre le fait que j'ai décidé de ne rien dire. Mais hm. J'espère que tu m'crois au moins quand j'dis que je croyais sincèrement qu'on ne se reverrait jamais. »

Et dès que tu as fini de le dire, tu te rends compte qu'au final, tu aurais peut-être mieux fait de te taire. Merde..

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MessageSujet: Re: ≈ what's the best way ? no one knows. (camillax)   Mar 21 Avr 2015 - 1:33

≈ baby if you could, would you go back to the stars ?
camille & jax


Ce qui me fait mal, ce n’est pas d’avoir un enfant. Ce qui me fait mal, c’est de ne pas être au courant.

Il aurait été si aisé pour elle de me retrouver. De retrouver le nom de la compagnie de forains qui s’est arrêtée en ville à la date où elle est tombée en ville. De les contacter, de demander à me parler. On était en 2012, les cellulaires existaient déjà. On en avait déjà. On était joignables. J’étais joignable, merde. Pourquoi est-ce qu’elle n’a pas appelé ? Pourquoi est-ce qu’elle ne m’a pas incendié par téléphone, au lieu de me mettre devant le fait accompli, une fois que je reviens ?

Et si je n’étais pas revenu ? Visiblement, c’était ce à quoi elle s’attendait. Ce qu’elle voulait, sans aucun doute. Que je ne sache jamais. Que je n’ai jamais le moindre regard de porté sur cette petite frimousse que j’ai accueillie avec tant d’innocence. Cette petite chose à qui j’ai donné mes fleurs, sans avoir que je les offrais à ma fille. Ma fille.

J’ai le cœur qui tambourine. Le ventre un peu trop tordu. Les pensées dans le désordre. J’ai envie de fuir, de partir. Loin de là, à l’autre bout du monde. Là où je n’aurai pas la moindre chance de retomber sur Camille à nouveau. Mais je ne bouge pas. J’en suis tout bonnement incapable. Je regarde alternativement Camille et son sosie miniature, et je ne sais pas quoi dire. Je ne sais pas quoi faire. Je refuse de hurler ; pas devant la petite. Et je n’ai même pas envie de me mettre en colère. Ça me dépasse. Son comportement me dépasse. Je suis revenu parce que ce que j’ai vécu avec elle était inoubliable. Et visiblement, j’ai été involontairement inoubliable pour elle aussi. Mais elle a tout de même trouvé le moyen de me rayer de sa vie. Comme si je n’y avais jamais foutu les pieds. Comme si je n’avais pas le droit légitime d’être là.

Je ne crierai pas. Pas là. L’envie de faire demi-tour et de quitter cette maison sans un mot de plus me prend. Mais je refuse de passer pour celui qui fuit. Le père qui n’assume pas. Ce ne serait même pas un problème d’assumer. Si Camille m’avait dit qu’elle était enceinte, ou si elle m’avait dit, plus tard, qu’elle avait accouché d’un enfant de moi, j’aurais assumé. J’aurais quitté la troupe, je serais revenu. On en aurait parlé. Je l’aurais accepté, cette petite. La famille, c’est la seule valeur à laquelle j’ai toujours été accroché. Pourquoi est-ce que ça aurait changé ?

Je pense que Camille le savait, quelque part. Et l’idée se fraye un chemin dans ma tête. Elle le savait, mais elle ne l’a pas fait. Elle ne voulait pas de moi dans la vie de sa fille. Elle ne voulait plus de moi dans la sienne.

Je suis dans une impasse. Je ne sais pas quoi lui dire. Je ne veux rien dire devant la petite. Ce n’est pas le lieu. Elle s’en sert comme d’un bouclier pour échapper aux explications et aux cris. À toutes ces réactions rationnelles que je pourrais avoir, ces reproches et ces injures. Elle sait que je ne dirai rien devant Beth. Elle sait que j’en suis incapable. Et elle en profite. Je ne sais plus quoi faire. Et au moment où je commence à me dire que je devrais peut-être lui dire de passer me voir une autre fois, quand elle sera seule, la porte d’entrée s’ouvre derrière moi. Je me retourne, par réflexe. Mon regard s’arrête sur une grande silhouette brune. Un air de famille trop évident pour être ignoré. Ça n’a pas l’air d’être le mari de Camille. Ç’a plutôt l’air d’être son frère. Néanmoins, je lui accorde le bénéfice du doute. Avec elle, on en sait jamais.

Je le regarde, sans aucune animosité. Il n’a pas l’air hostile envers ma présence non plus. Lorsque Camille nous présente, je lui fais un rapide sourire et je hoche la tête en guise de salut. Sitôt qu’il m’a salué d’un léger signe du menton, mon sourire disparaît. Pourtant, je suis soulagé. J’ai eu peur qu’il m’en colle une. J’ai eu peur qu’il me reproche d’être parti comme un voleur et d’avoir laissé sa sœur / femme — j’n’en sais toujours rien, mais je penche pour sœur — enceinte derrière moi. Ce que tout homme, qu’il soit frère ou bien mari, ferait. Mais lui, non. Lui, il attrape Beth, et il lui propose d’aller faire des biscuits. Lui, il se range volontairement dans la zone de neutralité absolue. Et je prends ça pour une ouverture. Une chance, pour moi. Pas de jugement hâtif. Pas de règlement de compte irréfléchi. J’ai une porte grande ouverte, de son côté.

Aussitôt qu’il a tourné les talons avec Beth et qu’ils ont disparu dans la cuisine, Camille revient à la charge. Ou plutôt devrais-je dire qu’elle en rajoute une couche. Qu’elle s’enfonce. J’ai compris qu’elle pensait que je ne reviendrais pas. J’ai pigé l’idée. J’ai l’impression qu’elle tourne sur elle-même en essayant de trouver une explication rationnelle, et quelque chose à dire pour se justifier. Mais qu’elle ne sait pas vraiment quoi dire. Tout simplement parce qu’il n’y a rien à dire, et qu’elle n’a pas la moindre envie de se justifier.

« Je sais. »

J’arrive à parler. J’ai cru que je n’y parviendrais jamais. Mais au bout du compte, je crois que c’est juste le temps de réussir à se lancer. Beth n’est plus là. Le mystérieux Elie l’a sauvée. Ou protégée. Un peu des deux, sûrement. Mais ils ne sont pas loin. Ils sont beaucoup trop près. J’étouffe un peu. Faut qu’je sorte de là.

« J’ai pas vraiment envie d’en parler ici. Le prends pas mal. »

J’ai pas envie d’en parler dans la maison où tu as l’air d’avoir élevé cette gamine qui nous appartient. À tous les deux. Mais que tu as décidé de garder. Rien que pour toi. Et je ne peux pas lutter contre ça. Je ne peux rien faire.

« Ça te dit d’aller marcher un peu ? »

Ce-disant, je me suis déjà tourné vers la porte. J’ai enfoncé une main dans une de mes poches, et posé l’autre sur la poignée, pour l’ouvrir. Ma question n’en est pas vraiment une. Le sens caché est imperceptible, mais je sais qu’elle sait qu’il est là. C’est toi et moi. Dehors. Là où je peux respirer. Maintenant. Avec un s’il te plait en option. Même si je n’ai pas vraiment envie d’avoir à insister.

Je crois qu’elle me doit bien ça.


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MessageSujet: Re: ≈ what's the best way ? no one knows. (camillax)   Mer 22 Avr 2015 - 22:09

people grow and fall apart
but you can't mend your broken heart.

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Plus le silence ce prolonge, plus tu voudrais qu'il cesse.

Tu sais que c'est lui qui devrait avoir envie de crier en ce moment, alors pourquoi est-ce que c'est toi qui n'en peux tout simplement plus?

Rien ne fait de sens, absolument rien. Tu aurais dû savoir qu'un jour ou l'autre, ça allait t'arriver. Tu aurais dû le prévoir, te préparer, penser à toutes ces choses gentilles et sensées que tu aurais pu dire, si jamais tu avais su. Mais tu ne savais pas. Tu n'avais pas voulu savoir. Tu avais enfermé l'information dans une petite partie de ta vie que tu partageais avec un nombre très limité de personne. Et Jax, un peu contre lui, il ne faisait pas partie de ces personnes. Parce qu'il n'était qu'un coup de vent dans ta vie. Parce qu'il n'était que passager. Tu ne savais pas si tu pouvais lui faire confiance avec ton secret. Tu ne savais même pas s'il serait revenu à cause de ce dit secret. Et pour être bien honnête, t'étais pas certaine que c'est ce que tu aurais voulu, qu'il revienne, pour le secret ou pour toi.

Peut-être que ça t'arrangeait bien au fond, qu'il soit absent sans même que tu n'aies eu à le repousser. Même si ton secret, c'est à moitié le sien. Purement égoïste.

Elie passe, mais rien ne change. En ce moment, c'est lui le coup de vent, et il vient même te voler ton bouclier. Tu devrais avoir honte de te servir de ta fille comme ça pour ne pas avoir à affronter directement Jax, mais t'es un peu lâche comme ça. Un peu peureuse comme ça aussi. Tu ne fais pas face au situation, du moins, pas tant que la dite situation ne t'éclate pas au visage. Et puis pop, la balloune est pétée. Trop tard.

La voix de Jax ne monte pas d'un cran, même lorsque vous n'êtes plus que tous les deux dans le passage, juste à côté de la porte, et ça te fait un peu peur, qu'il reste juste et calme comme ça alors que de l'autre côté de la pièce, toi, tu te sens paniquée de plus en plus seconde après seconde. Tu n'es plus posée. Tu n'arrives pas à relativiser. Ta respiration est haletante, difficile. T'aimerais qu'Elie puisse prendre ta place, comme ça, toi tu pourrais faire des biscuits avec Beth, et ce serait tellement plus facile, tellement plus agréable. Ignorer le problème même lorsqu'il est sous tes yeux. Tu en serais bien capable, c'est ça le pire.

Il veut sortir. Loin de la maison. Loin du lieu où Beth peut réapparaître à n'importe quel instant. Et tu sais que tu lui dois bien ça, mais t'es pas tout à fait certaine que tu es prête à quitter ce lieu où tu es encore plus ou moins en sécurité. « Je hum, je sais pas si c'est une bonne idée de sortir, tu sais euh… » Alors tu bafouilles. Tu cherches une raison pour rester derrière. Mais au fond, tu sais que tu n'en as pas vraiment. Assume, au moins un petit peu.

« Ok. » Une pause. Tu te tournes, attrape une veste qui traîne là sur le bas de l'escalier. Tu l'enfiles maladroitement. Ton coeur se débat dans ta poitrine. T'es comme une gamine qui a fait un mauvais coup et qui vient de se faire prendre la main dans le sac. Plus aucun choix que d'assumer les conséquences de tes actes. De toute façon, c'est pas comme si tu pouvais revenir dans le temps. Ce qui est fait est fait, pour le meilleur, mais surtout pour le pire. « Pas pour longtemps par contre. J'ai promis à Beth qu'on écouterait un film avec qu'elle se couche. » Tu ne sais pas trop pourquoi tu rajoutes cette dernière partie. Peut-être pour lui rappeler qu'à la fin de tout, c'est quand même toi qui va revenir vers elle. C'est toi qu'elle connaît. C'est à toi qu'elle est habituée. Un avantage que tu as simplement parce que tu n'as pas voulu jouer fair dès le début. T'es tellement une mauvaise joueuse Cammie.

La journée tire à sa fin. Le soleil semble combattre le fait qu'il est temps pour lui de descendre, le temps pour lui d'aller se coucher, de finalement laisser sa place à la lune et à la noirceur, ne serait-ce que pour quelques heures. L'hiver a été long et le soleil, il veut profiter de chacune de ses minutes. Et t'es un peu ce soleil, à ta façon. Tu veux tout le temps, rien que pour toi, tu ne veux pas laisser ne serait-ce qu'une minute de plus à la lune, même si c'est son droit. Et Jax, il est amplement dans ses droits d'avoir des explications, et bien plus encore.

Vous marchez pendant quelques minutes en silence, et tu as l'impression de devenir folle. Alors tu t'arrêtes soudainement et tu te places devant lui. Tu prends une grande respiration et puis tu déballes tout ce qui te passe par la tête. De toute façon, t'as jamais été très douée pour filtrer tes pensées. Tu penses qu'à l'instant même, il s'en est probablement rendu compte. « Sérieux Jax, j'aimerais bien que tu me dises un peu ce ue tu penses là parce que j'ai l'impression de discuter toute seule depuis tantôt et personnellement, moi, la nouvelle elle me choque pas! » Parce que toi, tu as eu neuf mois pour te préparer. Et puis, tu as eu deux ans pour apprendre exactement ce que la petite elle aime et ce qui l'a fait grincer des dents.

Tu as eu du temps. Plein de temps. Parce que tu l'as volé à Jax, sans même vraiment le réaliser complètement.

« Mais toi, si. Alors dis quelque chose, hurle, n'importe quoi. Je sais pas, je m'en fous, mais par pitié, fais quelque chose. »

Et voilà que tu te mets à supplier, comme si les rôles étaient inversés. L'art de jouer la victime, un peu n'importe comment, en tout temps.

Pathétique Camille.

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MessageSujet: Re: ≈ what's the best way ? no one knows. (camillax)   Mer 22 Avr 2015 - 23:00

≈ baby how can you walk away ?
camille & jax


Je peine à croire qu’elle refuse de sortir. Une part de moi s’y attendait, bien entendu. Camille n’a pas envie de m’affronter. Elle n’a pas envie que ce soit elle et moi, sans personne à portée de main, ou à portée de voix. Non pas par peur de ce que je pourrais lui faire. Elle sait que je ne suis pas violent, et que jamais je ne porterais la main sur elle. Elle n’aime simplement pas se retrouver vulnérable, exposée. Et en l’incitant à sortir, c’est exactement ce que ça lui fait.

Oui, mais voilà. Elle me doit bien ça. Parce que moi, je hais sentir un mur entre elle et moi. Je hais sentir que quelque chose la protège, et que je dois retenir mes mots ou ma colère pour ne pas heurter sa fille, ou me faire jeter dehors par son frère / mari, tandis qu’elle peut exprimer le fond de sa pensée comme si de rien n’était, et me traiter avec autant de distance. Alors lorsqu’elle se permet de commencer à refuser poliment, je hausse les sourcils. Mon regard s’appuie, se durcit. D’un air de dire « trouve une excuse et sort ». Parce qu’elle me doit bien ça.

Elle cède finalement. Elle a peut-être compris qu’elle ne pourrait pas fuir éternellement. Ça m’arrange. Je n’avais aucune envie d’insister. Aucune envie de m’engueuler dans ce vestibule. Tout bêtement aucune envie de rester là, quoi qu’il en soit.

« Tu seras rentrée à temps, t’en fais pas. »

Je la regarde à peine, en ouvrant la porte. Je sors, et je la laisse fermer derrière nous. Je n’ai pas l’intention de la retenir éternellement. Je ne sais même plus si j’ai besoin d’explications ou juste qu’elle se tienne loin de moi. Un peu des deux, pour le moment, je crois.

Dehors, on sent la nuit arriver, l’après-midi tirer à sa fin. La température baisse en même temps que le soleil. Mais il fait encore bon. Je laisse le silence s’installer. Je cherche mes mots. Parce que concrètement, même si je l’ai emmenée dehors pour parler, je ne sais pas ce que je pourrais lui dire.

Quand est-ce que tu avais l’intention de m’en parler ? À mon avis, elle n’en avait pas l’intention. La question se serait posée, éventuellement, si elle était encore enceinte. Mais Lizbeth est bel et bien née. Alors la question ne se pose pas. Si elle est née sans que je le sache, c’est que Camille n’avait strictement aucune intention de partager cette information avec moi.

Pourquoi tu m’as rien dit ? Concrètement, je n’en sais rien, mais j’ai bien ma petite idée. Elle me connaît suffisamment pour savoir que je serais revenu. Alors elle ne m’a rien dit. C’est la seule explication logique. J’essaie de croire que ma paternité importe, mais j’en doute. J’en doute sérieusement.

Et puis, avant que j’aie eu le temps de dire quoi que ce soit, Camille s’emballe. Pour changer. Aucun filtre entre la pensée et les mots. Elle me reproche mon silence. Elle se demande à quoi je peux bien penser. Et soudainement, je serre les dents. La nouvelle elle me choque pas. J’ai envie de la secouer. De lui demander si elle est vraiment conne ou si elle le fait exprès. Mais elle sait. Elle sait que ça me choque. Elle le dit. Et dès qu’elle a fini, j’exauce ses prières. Je parle. Enfin.

« Ce qui me choque, outre le fait que tu n’aies même pas cherché à me contacter, c’est que tu te sois servi de ta fille pour m’empêcher de te gueuler dessus. Et que tu aies cru que j’allais hurler. »

Je suis plus sec que je ne le voudrais. Mais je ne crie pas. Je ne la regarde même pas. Camille, je l’ai aimée. Je l’ai sincèrement aimée, aussi sincèrement qu’on le peut en l’espace d’un petit mois. Et en fin de compte, j’en viens à me demander si elle, elle m’a aimé. Si c’était le cas, elle m’aurait contacté.

« J’pensais vraiment qu’tu me connaissais mieux qu’ça. »

T’as pas de tact, Cammie. Pas de tact, pas de jugeote. T’as des réactions de merde, et tu fais que t’enfoncer.

« T’aurais fait quoi si Beth était restée avec nous, hein ? Si ton mari ou ton frère, j’sais même pas qui c’est, n’était pas intervenu pour l’emmener dans la cuisine ? Je me demande même si tu n’espérais pas qu’il me vire de là. Ou qu’il n’intervienne pas, qu’il reparte et nous laisse avec Beth. Pour que j’sois obligé de partir, sans te dire c’que je pense. Parce que tu sais que j’l’aurais pas fait devant elle. »

J’ai les mains au fond des poches de ma veste, le menton bas, et j’avance. Je ne crie pas. Je n’accuse pas. J’ai la voix fatiguée, et je suis franchement écœuré par ce qu’elle a fait. Mais c’est Camille. Franchement, à quoi j’m’attendais ?

« Bon sang, mais à quoi t’as pensé ? »

En me le cachant. En me balançant ça comme tu l’as fait. Je sais que je ne parle pas de ce que je devrais, que je ne parle pas de Beth, et de ce que ça me fait d’être père. Mais franchement, Camille. À quoi t’as pensé ?


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MessageSujet: Re: ≈ what's the best way ? no one knows. (camillax)   Mer 24 Mai 2017 - 23:02

cause you brought out the best of me
a part of me i'd never seen
you took my soul wiped it clean
our love was made for movie screens

alliwant@kodaline

Tu te sens mal. Mal de vouloir te défiler encore et encore alors qu’il a droit seulement à une moitié de vérité à peine avouer. Son regard se fait toutefois insistant, tu sais que tu n’as pourras pas t’enfuir encore bien longtemps. Il est là et ça, tu ne peux pas le changer. Tout comme tu ne peux pas changer ta décision de ne lui avoir rien dit lorsque tu as su que tu étais enceinte, ou même lorsque tu as mis au monde une petite fille aux traits si similaires au tien.

Tu ne pouvais rien reprendre de tout ça et même si tu n’étais pas prête à l’admettre à voix haute, ça te brisait le coeur rien qu’à y penser.

Vos pas dans le silence ne font qu’augmenter ton stress face à la situation et tu ne tolères pas de ne pas savoir ce à quoi il pense. Alors tu exploses, tu l’implores de te parler, de te faire entrer dans ta tête alors que toi-même, tu lui as nié la chance de comprendre ce qui s’est passé dans la tienne dans les trois dernières années. Mais t’as toujours été comme ça, égoïste sur les bords, à vouloir plus que tu n’es prête à donner. Tu veux savoir à quoi il pense sans être obligée de lui expliquer pourquoi tu l’as tenu à l’égard de ta famille, sa famille à lui aussi pourtant. Il sait pour Lizbeth. Pour ta meilleure amie qui vous a quitté trop jeune, trop vite. Mais est-ce vraiment une bonne raison de lui expliquer que t’avais besoin que ta fille ne soit qu’à toi? Tu sais que non et c’est ce que tu redoutes le plus. Il n’y a rien qui peut justifier ce que tu as fais. Tu lui as nier les trois dernières années parce que t’es qu’une égoïste. Et une fois qu’il le réalisera, l’image qu’il avait de toi va complètement changé, si ce n’est pas déjà le cas.

« Jax, notre histoire n’a duré qu’un mois et c’était il y a déjà plus de trois ans de ça. Beaucoup de choses ont changé. Et puis c’est pas comme si on se connaissait vraiment.. » Tu ne le penses pas. Pas un mot. Ce que vous avez partagé pendant ce mois, c’est plus que ce que tu n’as jamais partagé avec quiconque. Tu ne veux pas l’admettre pour ne pas avoir le mauvais rôle, mais tu le connais aussi bien qu’il te connaît. Et tu le savais au fond, qu’il n’aurait jamais osé crier. Que si tu lui avais appris la nouvelle dans un moment plus opportun, vous auriez pu en discuter calmement. Comprendre ce que ça veut dire pour vous deux. Mettre quelque chose en place. Mais il était là le problème. Tu ne voulais pas mettre quelque chose en place. Tu ne voulais pas la partager. « J’suis désolée, de l’avoir utiliser comme bouclier. J’ai paniqué en te voyant là. » Tu baisses la tête. C’est pas ton genre de te sentir si petite devant quelqu’un. Toi qui est si loud and free normalement, là, tu es complètement hors de ta zone de confort.

Mais tu n’as personne d’autre à blâmer que toi-même Cammie.

Tu détestes qu’il soit en mesure de si bien te déchiffrer alors que tu as l’impression de faire face à un total inconnu. À force d’avoir voulu le sortir de ton esprit, pour calmer ta culpabilité, tu as fini par oublier les petits détails, les choses qui t’avaient tant charmer chez le jeune homme. Et là, ça te revenait tout en pleine face et tu ne savais pas comment réagir. Ni à lui, encore moins à ce qu’il était en train de dire. « J’ai pas pensé, clairement! » Ta voix hausse, même si la sienne reste égale et tu arrêtes de marcher alors qu’il prend quelques pas d’avance sur toi avant de réaliser que tu es restée derrière. « Peut-être que j’espérais que mon frère me permette de me sauver de cette situation, c’est vrai. Mais Jax, tu veux que j’te dise quoi? » Il veut que tu lui dises pourquoi tu l’as pas contacter une fois dans les trois dernières années avec la nouvelle qu’il serait/est désormais père, pauvre idiote.

Tu prends une longue respiration. C’est pas ta place de t’énerver du tout. Mais tu bouilles de l’intérieur et tu peines à t’expliquer pourquoi. « J’pourrais inventer un tas de raisons pourquoi je te l’ai pas dit Jax. Mais en réalité, j’ai juste eu peur. J’étais si jeune et t’étais plus là.. » Tu te mordilles la lèvre inférieure, levant à peine les yeux pour croiser le regard du jeune homme imposant, encore plus que dans tes souvenirs. « J’peux pas te redonner les trois dernières années et je m’en excuse. Mais maintenant que tu es là.. » Qu’est-ce que tu veux faire Jax? Qu’est-ce que tu attends de moi?

Il n’y a bien que toi pour passer à la prochaine étape sans même lui laisser la chance de digérer ce qu’il vient d’apprendre. Anything to avoid the hard stuff.

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