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Aux sombres héros de l'amer ( Isaac )


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Aux sombres héros de l'amer ( Isaac )

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esprit libre
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◦ pseudo : The leprechauns' queen
◦ messages : 32
◦ avatar : Johnny Harrington
MessageSujet: Aux sombres héros de l'amer ( Isaac )   Dim 1 Fév 2015 - 14:48


Isaac Ethan Czapka
Tea for the tillerman


✩ indolent compagnon de voyage.

âge › 30 douces années d’errance date et lieu de naissance › Tel-Aviv Israël |  16 avril  profession › Anciennement professeur d’art, Marin pendant cinq années, revenu sur le plancher des vaches il essaie de renouer avec cette profession.  situation amoureuse › Essaie difficilement de s’intégrer quelque part orientation sexuelle › Cœur à prendre pour celui qui saura dépasser son handicap situation financière › les poches légères, fraichement revenu de son périple en mer il parasite le logis de son petit frère groupe › Les contemplations avatar › Johnny Harrington crédit › Tumblr

si tu devais te décrire en cinq mots, quels qu'ils soient, lesquels tu me donnerais ? › Embruns salés. Estampe. Peur de l’autre. Vague à l’âme. Transmettre si tu devais m'emmener loin d'ici, où est-ce qu'on irait ? › Pourquoi parcourir les terres si la mer nous appelle ? si tu devais me lire une histoire, laquelle est-ce que tu choisirais ? › La petite marchande de Prose de Daniel Pennac. Par amour des gens vrais, par amour d’un homme, d’un frère de famille et d’un professeur.


✩ ce roi de l'azur, maladroit et honteux.



                                                                                                                            Un jour.
Un jour, bientôt peut-être.
Un jour j'arracherai l'ancre qui tient mon navire loin des mers

_ Clown
Henri Michaux
                                                                                                                   




Enfant, On lui diagnostique Asperger. Un nom, Un mot, un simple mot pour qualifier ce mal de vivre, ce mal de l’autre. Un mot qui le suit partout, qui l’effraie. Il le voit dans le regard d’un pair, dans sa tête trop brumeuse, dans ses mots bloqués au milieu de sa gorge. Dans les fentes de peau sur ses bras.
Parler est difficile, parler de lui l’est encore plus.

Aime l’eau, sous toute ses formes, il a découvert cet amour en s’embarquant. • marcher sous la pluie ou près d’un ruisseau, seul • Lors de son temps libre il aime aller faire de la barque sur le lac, seul • Aller lire quelque part, seul. • golem friable • Souffrant d'hyperacousie, Il déteste les bruits trop fort qui lui vrillent la tête • Sauf quand c’est son bruyant petit frère, là ça va • Il l’aime beaucoup son frère d’ailleurs • Migraineux • A énormément voyagé • Il a du mal à s’intégrer, aussi bien socialement que physiquement, élancé il dénote toujours d’une tête dans la foule • Un géant d’argile • Passionné par l’art sous toutes ces formes • Il organise sa vie autour de pleins de petits rituels, comme des repères. • T.O.C • Maladroit il a des mains grandes, longilignes mais rêches et recouvertes de crevasses à cause des années passés en mer • Est très doué pour faire des nœuds marins • Parle avec ses mains à défaut de mots • Joue de l’harmonica • Son corps est pleins de cicatrices ; réminiscences de blessures qu’il s’est lui-même infligé lors de crises de panique • Il lui arrive d'en a voir encore parfois • Pudique il en a plutôt honte • Lent dans ses mouvements mais aussi à la détente, ça peut parfois agacer • Dort beaucoup • ancien dépressif • Malgré son allure il a une  voix très douce • Est de confession Juive, croyant modéré respectant sa religion et celle des autres, à l’inverse de ses parents qui étaient très pieux • A du mal à se faire respecter auprès de ses élèves et de ses collègue, mais sait être pédagogue malgré son handicap • Gentil et un peu déphasé il ne faut pas prendre son mutisme pour du dédain, c’est juste de la peur, la peur de vous, la peur de l’autre • Aime bien les habits d’un autre âge, les nœuds papillons, les chaussettes à motifs et les vœux pulls en laine •



✩ ce voyageur ailé, gauche et veule.



I – Homme Libre, Toujours, tu chériras la mer !


D’aucun fait l’apologie de la différence.
Mais que savent-ils ceux-là de la véritable douleur de se savoir diffèrent ?
Isaac l’avait toujours su, que quelque chose clochait avec lui, qu’il débordait du moule, qu’il était à côté de la plaque, qu’il avait raté le train en marche.
Asperger.
C’est comme une étiquette qui lui colle à la peau. Un définition immuable qui le pourrira jusqu’à la tombe.
C’est dur de voir dans le regard des autres le reflet de sa différence. Mais il y en avait un, un seul regard dans lequel il n’était pas l’autre, mais lui. Dans les prunelles vertes de son frère. Hershel.
Certes il était plus petit que lui de quelques années, mais il était tellement plus fort et mettait un point d’honneur à le protéger, c’était un pacte de frères.
Il était seul. Seul contre le monde qui venait se heurter à lui. Son frère, alors, était son seul rempart.


Il n’y avait qu’un endroit au monde où il se sentait a sa place : sur les bancs de l’école. Une incroyable sensation venait toujours s’emparer de lui quand il voyait le professeur s’agiter devant lui, il buvait ses paroles, suivait de ses yeux chaque geste de ses mains. L’école c’était facile pour lui, élève brillant qu’il était, il sauta rapidement des classes trouvant encore et toujours le même bonheur d’être face à des professeurs. Isaac n’aimait pas les gens, Isaac aimait les professeurs.




Il aurait aimé voir une reconnaissance semblable dans les yeux de son père. Il aurait aimé qu’il soit fier de lui. C’était peut-être de sa faute après tout, il n’était pas le fils qu’il voulait : l’ainé fort et vif, sportif et patriote, pieux. Il aimait ses parents mais ils n’avaient jamais rien compris, il n’y avait qu’Hershel pour le comprendre, heureusement qu’il était là. Heureusement qu’il a été là le jour où il a annoncé à ses parents qu’il ne s’engagerai pas dans l’armé ( elle n’aurait pas voulu de lui de toutes façon ), le même jour où il leur a annoncé vouloir devenir professeur. Oui, il fallait bien que quelqu’un soit là pour recoller les morceaux.


Il sombrait. Il sombrait complètement.
La mise en pratique était beaucoup trop dure. Le Capes et l’agrégation, les études supérieures en art tout cela avait été bien simple pour lui. Mais la peur qu’il avait ressenti face à cette classe, le dégout, l’angoisse l’avaient transcendés.
C’était chaque jours pareil, la même épreuve, la même souffrance routinière, le monde en lui-même était une épreuve comment pouvait-il le faire comprendre aux autres ?
Personne ne comprenait, pas sa classe impossible dans le bahut pourrit ou il avait échoué parfois ébranlé par les bombes, pas ses collègues Idiot qui le tournaient au ridicule, ni même ses supérieurs qui le mésestimaient à cause de son jeune âge.
La Dépression vint rapidement, l’augmentation des crises aussi. A une fréquence si rapide et nerveuse qu’on lui prescrit bien vite des antidépresseurs qui loin de le calmer ne firent que le rendre plus amorphe et reclus. Il avait l’impression de toujours plus sombrer dans une mélasse noire, que celle-ci venait prendre la place de l’essence même de son corps, l’encerclant par tous les pores. Il n’allait plus voir ses parents, évitait soigneusement son frère, il ne fallait pas qu’il le regarde, plus que tout au monde il n’aurait pas supporté le dégout qu’il avait peur de lire dans ses yeux. Ou alors la tristesse. Il ne voulait pas être la cause de ses malheurs.
Et il y eu le déclic, un jour en salle de cours. Il regardait un tableau de Van Gogh, se perdant dans les traits sinueux des touches de l’artiste, il ne fit plus attention au vacarme autour de lui, plus attention aux cris. Il n’en pouvait plus. A ce moment-là quelque chose se passa dans sa tête, ne sachant comment l’expliquer il se contenta de l’exprimer comme une déchirure, un bris, un petit quelque chose qui se casse. Ou peut-être un Abcès que l’on crève ?  Il se leva, doucement, comme il savait si bien le faire, et sortit en fermant la porte derrière lui. A force de trop tirer sur la corde celle-ci avait fini par céder.
Du jour au lendemain il quitta Tel-Aviv, son travail, Israël, sa famille. Sans rien dire à personne il prit la mer, s’engageant comme marin sur un vieux Rafiot.
J’ai toujours aimé la mer.
Pardon petit frère.



II – La mer est ton miroir ; tu contemple ton âme.

Le ronronnement de l’ordinateur se mêle aux craquements de bois. Quelle heure est-il ?
Il fait déjà noir dehors.


A : isaac.czapka@gmail.com
De : ginger.cola@gmail.com
Objet : Somewhere beyond the sea ?
03/02/10 – 16h06
Coucou grand frère.
Le début de mon mail n’est pas très constructif, j’en suis conscient. Et en plus, je ne sais même pas si tu pourras le lire. En fait, je sais même pas trop où tu es en ce moment, si tu es sur un bateau ou alors posé quelque part sur une île des Caraïbes. Ça fait un moment qu’on n’a pas eu l’occasion de se parler. Normal, vu que tu n’es pas là. Tu sais, c’est le bordel chez nous. Je manifeste de plus en plus. On nous enlève toutes nos libertés et les parents ne se bougent même pas. Alors je vais dans la rue, je hurle, je prends un ou deux coups dans le visage mais j’y retourne. Ça ne va pas me faire tomber. Tu sais que j’ai toujours été le plus fort d’entre nous deux de toute façon. C’est pas pour rien que je prenais soin de toi.
Tu me manques, tu le sais ça ?
J’espère au moins que tu recevras ça vite.
Hershel.


A : isaac.czapka@gmail.com
De : ginger.cola@gmail.com
Objet : Re: Somewhere beyond the sea ?
20/02/10 – 02h15

J’arrive pas à dormir.
Tu réponds pas mais ça me donne l’impression que tu es là au moins quand je t’écris. Les parents sont de pire en pire, tu sais. Dieu sauvera tout, qu’ils disent. Mais c’est à nous de se bouger, c’est à ma génération de se bouger pour faire un truc. Ils comprennent rien. Déjà qu’ils ont pas compris pourquoi tu es parti en mer.
Tu me diras, moins non plus je comprends pas trop. J’aurais préféré que tu restes là. Ça aurait été plus facile pour toi en plus, et je me serais senti moins seul. Mais je suppose que ça te fait du bien, le grand air et tout ça. Tu me manques, espèce de roux.
Reviens.


Sur l’écran bleuté qui saute de temps à autre il passe ses doigts, sur le nom de son frère plus précisément.
A chaque fois qu’il met le pied à terre, les mails d’Hershel sont comme une bouffée d’air frais étrange qui en même temps l’enchante et lui serre le cœur.
Il s’en veut de l’avoir laissé seul là-bas en Israël, de l’avoir laissé dans ce bourbier. Il n’est plus là maintenant pour le tempérer, pour le calmer un peu. Mais, comme il le dit si bien, il n’aurait peut-être pas pu comprendre ses motivations, d’autant qu’il avait fait de son mieux pour cacher son mal être. Peut-être Qu’Hershel avait raison, il aurait peut-être dû rester, en parler avec lui, lui dire que ça n’allait pas au lieu de fuir.
Mais on ne refait pas le monde avec des peut être.

Chaque fois qu’il ouvre sa boite mail, une petite appréhension le guette, l’angoisse se loge aux creux de son ventre, il a peur d’apprendre qu’il a été blessé dans une manifestation ou par un attentat. Il a encore plus peur de ne  plus recevoir de mails du tout.
Les mains tremblantes, il commence à taper sur le clavier. Les premiers mots sont difficiles, mais bien vite ils coulent plus rapidement, sans forcer, juste par plaisir de prendre des nouvelles, même s’il ne peut pas le faire aussi souvent que voulu.

«  Désolé de ne pas t’avoir répondu plus tôt, petit frère […]
Je suis au cap vert actuellement, nous avons longé tout la côte Africaine depuis Israël […] Tu sais que j’ai peur pour toi ? Fais attention, ne fais pas l’imbécile pendant une de tes manifestations […] Les parents vieillissent et je leur ai causé beaucoup de tort, il faut que tu veuilles sur eux. Désolé de tout te déléguer, je ne suis pas le meilleur des frères […]
Prends Soin de toi Gour-Arié ( NDA :Lionceau ).
Isaac »





A : isaac.czapka@gmail.com
De : ginger.cola@gmail.com
Objet : Re: Somewhere beyond the sea ?
4/04/10 – 01h43

Ca a l’air vachement beau là où t’es. Tu profites hein ? Penses à moi au moins en te baignant ! Tu sais pas ce que je donnerais pour pouvoir tremper mes jambes dans l’eau.
Bref… Je crois que je suis trop fatigué pour dire autre chose. Je t’envoie un autre mail plus tard.
Prends soin de toi.

Les mails de son frère étaient toujours abondant, parfois court. Mais c’était toujours un plaisir de les retrouver. C’était dans la lecture des mots de son frère qu’il entrevoyait une maison, pour lui qui était si loin.
Il s’avait que la vie au pays était dure, que la bulle de Tel-Aviv menaçait d’exploser, que les tensions croissaient. Il avait déjà écrit le mois dernier un long mail qui l’avait lui-même surpris, faisant la morale à son frère qui venait de lui apprendre qu’il avait arrêté ses études, et l’implorant de faire attention à lui.
Tapant sur le clavier il grimaça : Il avait le bras en écharpe et une belle eschare sur le flanc gauche. Séquelle de ce que les marin appelaient un «  accident ». Lui n’avait pas vu ça de la même façon.
C’était un soir de tempête, en plein milieu de la mer. Elle était déchainée d’ailleurs, poussant si fort le Bateau que par trois fois il manqua de se retourner. Le pont de bois et de tôle était glissant, les bâches claquaient en concert. De part et d’autre les marins s’agitaient, essayaient de bloquer les caisses qui valsaient allègrement à chaque roulis furieux, Isaac occupé à serrer une caisse avec une corde ne vit pas venir celle qui le percuta et l’envoya par-dessus bord.
Il n’avait pas eu le temps de comprendre, pas eu le temps d’avoir mal que déjà il coulait, entrainé par le fond. Il n’avait même pas essayé de se débattre, il avait senti doucement l’air s’échapper de ses poumons, l’eau venir y prendre sa place. La sensation était grisante. L’eau avait une couleur de nuit et semblait si calme par le dessous, oubliées les vagues déchainées, la tempête. C’était un peu comme flotter dans de l’éther, dans l’infini calme, l’infini silence. Seul. C’était comme si le monde qui l’avait toujours angoissé avait disparu autour de lui . Au-dessus de lui il voyait les éclaires zébrer le ciel a la surface de l’eau. Il sombrait, s’endormait comme un prince au Royaume du silence, un gout salé dans la bouche.

Il ne savait pas ce qui s’était passé par la suite, il avait dû être secouru par un des marins. Si le souvenir qui entourait cette expérience était floue, il se souvenait, rien qu’en fermant les yeux de la sensation éprouvée à ce moment-là, où il avait eu l’impression de toucher l’absolu du bout des doigts.


« - ISAAC ! Dépêche-toi on lève l’ancre ! »


Tout en songeant à cette expérience, il l’avait décrite à son frère il avait envie de la partager avec lui, même s’il se doutait qu’il ne comprendrait peut-être pas, même s’il se doutait qu’il le prendrait pour un fou et s’inquièterait outre mesure.
C’est à cette dernière pensée que son doigt s’arrêta au-dessus-de la touche « envoi ».
Il effaça tout son récit et le remplaça par un « Je vais bien, ne t’en fait pas. » Puis envoya.
C’était mieux comme ça. Il devait rester celui qui apportait un peu de bonheur, un peu d’ailleurs à sa famille. Ils avaient déjà assez de soucis comme ça.




A : isaac.czapka@gmail.com
De : ginger.cola@gmail.com
Objet : Re: Somewhere beyond the sea ?
17/05/10 – 11h28
Papa est mort hier.
Je sais, c’est une façon brute de dire les choses mais je ne savais pas trop comment l’annoncer autrement. Je sais que ça va te mettre dans un sale état et j’en suis désolé. C’est juste que ce genre de choses n’est pas si facile que ça à dire. Et je ne peux pas faire de variation de voix par mail : peu importe ce que je veux te dire, l’écrit brisera forcément les émotions.
Attentat-suicide à la bombe, 12 morts. Il allait juste au marché. Au marché. C’est le rôle de maman d’habitude mais elle était fatiguée. Ils auraient pu y passer tous les deux, putain.
Elle arrête pas de prier et je peux même pas l’interrompre ou alors elle pleure encore plus. Elle demande à Dieu de veiller sur lui. Et tu sais quoi ? Pour une rare fois, j’ai prié avec elle aussi. Dire que je pensais que mon message passé sur les médiaux du monde avait changé les choses. Mais non. Je ne suis pas le héros que je voulais être. J’ai même pas pu faire quoique ce soit.
Je sais pas quand tu recevras ce mail Is, mais j’ai vraiment besoin que tu sois là.
Vraiment.
A : isaac.czapka@gmail.com
De : ginger.cola@gmail.com
Objet : Re: Somewhere beyond the sea ?
28/06/10 – 00h29

Désolé de répondre que maintenant.
C’est de pire en pire ici. Et j’ai bien peur que ce soit le dernier mail que je puisse t’envoyer avant un long moment.
Maman est forte, elle lutte. Elle lutte tellement qu’elle me fout à la porte pour que je me batte pour le pays. Pour que je me batte pour nos droits. C’est ce que je fais d’habitude, mais elle veut la pire des méthodes. Adieu mes méthodes pacifistes et mes écriteaux durant les manifestations, adieu les messages d’amour et de paix que je peux hurler dans la rue. Elle me force à prendre les armes. A me battre pour que Papa aille mieux au paradis. A me battre pour qu’il ne se passe plus de choses pareilles. Je ne sais plus trop quoi en penser.
Ma méthode me plaisait. Mais peut-être qu’elle a entièrement raison dans le fond, peut-être que ça serait plus facile comme ça. Peut-être que j’ai qu’à user d’un peu de force. En fait j’en sais rien.
Je pars la semaine prochaine. J’ai pas eu trop le choix, tu sais. Elle veut que je le fasse. Pour elle. Pour nous. Je ne sais même pas si moi j’en ai envie. Mais le choix m’est imposé. Ce n’est pas un choix quand on y pense.
Continue à m’envoyer des mails même si je ne peux plus y répondre. S’il te plait. A mon retour, j’aimerais avoir de tes nouvelles et savoir que tu vis la plus heureuse des existences. Tu es fort, grand frère et même sans moi tu y arriveras.
Je veux de tes nouvelles à mon tour. Si retour il y a.
Je penserai fort à toi. Désolé de ne pas être fort pour dire tout ce que j’ai sur le cœur. Ce serait tellement plus simple de te hurler ça dans la rue plutôt que de taper tout ça sur mon vieux clavier. Ce serait tellement plus simple si tu étais là et si je pouvais te prendre dans mes bras.
Je t’aime, mon Isaac.
Hershel.


Il avait lu les deux mail à la suite. Ils lui firent tous deux l’effet d’un coup de couteaux dans l’estomac.
Pour la première fois depuis qu’il était parti, il pria. Il pria son dieu, le dieu de ses parents, de ses aïeux, il pria pour le repos de son père qu’il aurait aimé revoir, il pria pour que la peine de sa mère ne lui troue pas le cœur, mais surtout il pria pour son frère.
Seul, devant un ordinateur à moitié en ruine, dans un bar reculé de L’Islande. Il pria avec une ferveur fiévreuse, dans une langue qui attirait les rire des poivrots.
Et puis il lui semblait alors qu’une marée haute montait en lui, une écume salée lui lécha le visage.
La mer est-elle remplit des larmes de ceux qui ont trop pleuré ?



Il fit ce que son frère lui demanda, continua à lui envoyer des mails à lui raconter où il était. Plus il envoyait de mails, plus la boite de son frère se remplissait de lettres non lues qui n’attendait qu’à être parcourues. A chaque escale qu’il faisait, dans chaque pays, il cherchait quelque chose à lui ramener, C’était devenu un de ses nouveaux rituels sans lequel il ne pouvait vivre.  Une boite qu’il avait dans la cale se remplissait de souvenirs inutiles, peut-être était-ce vain ? Peut-être Hershel était-il mort ? Mais il refusait cette pensée. Lui ramener des cadeaux, comme une quête faisait vivre son frère dans son cœur, autour de lui, repoussait l’idée de sa disparition.
Alors, malgré les sollicitudes des autres marins tristes pour lui. Il continuait. Il faisait revivre le souvenir de son frère.


III- Dans le déroulement infini de sa lame


Le train file à travers les terres, rapide petit serpent de métal. Isaac est épuisé mais n’arrive pas à dormir. Combien de temps cela faisait-il ? Depuis combien de temps n’était-il pas resté sur terre plus que le temps d’un escale ? Cinq ans, Cinq ans d’errance peut être ?
Les paysage filent à une vitesse vertigineuses, le wagon et bondé, le siège beaucoup trop petit pour lui. Il soupire, et essaie d’ignorer les gens à côté de lui. Ce n’est pas facile, c’est la première fois depuis cinq ans qu’il voit autant de monde dans un si petit espace. Il se sent presque suffoquer. Mais il tiens bon, Fixe son regard sur le ballets des feuilles, des arbres, de terres. Il se surprend à en apprécier chaque nuances qui lui semblent neuves et bien différentes des couleurs de la mer.
Le spectacle aurait presque pu être réjouissant si ces mots ne lui tournaient pas dans la tête, lui serrant le ventre avec force.

« J’ai peur, Is.
Reviens. »

Depuis qu’il avait lu ces lignes, après deux ans d’absence, Deux années où il n’avait fait qu’espérer, ou parfois il avait cru se leurrer en essayant de faire revivre son frère, il n’avait qu’une idée en tête. Revenir.
Hershel n’était pas mort. Mais quelque chose en lui était mort.
Il lui avait souvent demandé de revenir, mais là la demande n’était pas la même. Là il avait senti que c’était son devoir de frère. Hershel était de 5 ans son cadet mais avait toujours su comment le calmer lors d’une crise, comme faire le lien entre le monde et lui, il l’avait toujours protégé et il se doutait qu’il avait continué de le faire devant leurs parents lorsqu’il était parti.

« Tu me manques. »

Parti. A l’évocation de ce mot il se sentait coupable. Il n’avait jamais été un bon frère. Il n’était pas le grand frère que Hershel méritait. Il n’avait pas été là pour lui pendant 5 longues années , le seul soutient qu’il avait pu lui apporter était ces quelques mails, qu’il ne pouvait envoyer que rarement. De plus il n’avait pas toujours été doué avec les mots.
Il se haïssait pour ne pas avoir été là. Il aurait dû être.
A son retour de guerre, il aurait dû être là à l’attendre. Il l’aurait pris dans ses bras, aurait posé son menton sur sa tête et serré contre son torse. Il aurait en silence démenti toutes ses angoisses, il lui aurait fait savoir que pour lui il était son héros, ce petit bout d’homme d’à peine 24 ans.
Comme un grand frère l’aurait fait.
Comme un grand frère se devait de le faire.

« North Haley »

Il avait mis un an, un an pour revenir, un an pour retrouver la trace de son frère. Il avait glané des informations, recherché des indices parmi les mails.

« Je suis dans une ville, plus au nord. Bien plus au nord »

Il avait trié parmi les villes de ce nom, parmi les pays du nord. Il avait trouvé une north haley au canada. Heureusement il n’y avait pas beaucoup de Hershel Joël Czapka dans cette ville. Il n’y en avait qu’un avec ce nom à coucher dehors.
Le capitaine du navire qu’il avait fidèlement servi pendant 5 ans avait accepté de le déposer à Halifax en nouvelle écosse, de là il avait pris le train, ses valises en cuir tanné en piteux état sur le dos.
Il avait peut-être l’air d’un vagabond, d’un vieux loup de mer d’un autre âge, d’un géant sortit d’un conte, ça devait être pour cela que les enfants en face de lui ne pouvaient arrêter de le fixer de leurs grands yeux ébahis.


Une ville, calme, tranquille, perdue au milieu du froid. Mais une ville tout de même. Il l’avait parcouru de long en large, jusqu’à trouver cette adresse, jusqu’à trouver cette porte.
Il s’était senti ebranlé rien qu’en effleurant du bout des doigts les lettres a moitiés effacées qui formaient un nom sur une boite aux lettres.
Hershel Joël Czapka.

« Reviens. »

Il était revenu.


✩ le poète est semblable au prince des nuées.

pseudo › Güliette, ou bien The Leprechauns’ Queen, Because I rule, I’m the Queen. et à propos de toi ? › Petite Française de 17 ans. Pas grand-chose à dire. Fan invétérée de Gaiman, Pennac et d’autres auteurs fantastiques. Aime le thé, les pamplemousses, gribouiller et les jours de pluie. A un humour très douteux et un gout prononcé pour le cinéma. Aime écrire malgré son orthographe déplorable. Et puis aime bien les barbus ( mais ça, vous ne l’aviez pas remarqué ) l'oiseau qui t'a porté au nid › Cey la faute à Kynu (    keur ), cette méchante qui me met des forums aussi attirants sous le nez et qui accepte de faire des personnages flawless avec moi D: ET PUIS ON APPORTE DE LA ROUSSEUR DE CHEVELURE SUR LE FORUM    le dernier mot avant ta liberté › Is there Life on mars ?

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MessageSujet: Re: Aux sombres héros de l'amer ( Isaac )   Dim 1 Fév 2015 - 18:11

bieeeeeeeenvenue à la maison, plus officiellement.
huhuhuhu, la rousseur vaincra. j'ai hâte d'apprendre à te connaître. les amis de mes amis sont mes amis (en fait j'aime trop facilement les gens, je sais ) en tout cas, j'espère que tu t'amuseras bien par ici. I love you

dis-moi... est-ce que ta fiche serait terminée par hasard ?

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MessageSujet: Re: Aux sombres héros de l'amer ( Isaac )   Dim 1 Fév 2015 - 18:20

Coucou c:
awh, j'ai hâte de tous vous connaitre aussi !
Et, oui, je pense qu'on peut déclarer ma fiche comme terminée o/

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MessageSujet: Re: Aux sombres héros de l'amer ( Isaac )   Lun 2 Fév 2015 - 0:27

"La rousseur vraincra"
Tellement.

Bienvenue à toi, ton personnage a l'air juste ... Génial !

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MessageSujet: Re: Aux sombres héros de l'amer ( Isaac )   Lun 2 Fév 2015 - 3:10

Isaac E. Czapka a écrit:
La mer est-elle remplit des larmes de ceux qui ont trop pleuré ?



Sorry, moment, feels. Ta fiche était superbe, my gad. je suis désolée, c'est plutôt dans ma soirée que dans mon après-midi. mais voilà, officiellement je suis amoureuse d'Isaac, et puis j'ai hâte de le voir en jeu. je te valide, je vais recenser ton avatar et je te mets ta couleur. et tu peux aller t'amuser. encore bienvenue chez toi. en espérant que tu t'y plairas. I love you I love you I love you

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MessageSujet: Re: Aux sombres héros de l'amer ( Isaac )   Lun 2 Fév 2015 - 10:19

... GINGER POWER

ce sera mon dernier mot Jean-Pierre /pan/
la marine and all, c'est mon coeur qui est appelé

BEARD POWER.

bienvenue à la maison, poulet

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MessageSujet: Re: Aux sombres héros de l'amer ( Isaac )   Lun 2 Fév 2015 - 18:18

cvwjhgvfqhrtksjdhfq.
Merci vous tous pour ces gentils mots, je vais faire en sorte de ne pas vous decevoir !

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Aux sombres héros de l'amer ( Isaac )

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